Qui mieux que Sleep pour inaugurer cette nouvelle chronique ? Pour être honnête, je voulais commencer avec les britanniques d’Electric Wizard, mais je me suis dit que commencer par la bande d’Al Cisneros était peut-être aussi bien, tant ils sont encore adulés par la communauté alors que le groupe n’a pas sorti un album depuis des lustres…

Difficile de ne pas connaitre Sleep quand on écoute du stoner rock puisqu’il est considéré comme une légende vivante de notre scène musicale. Vous savez, il y a des tas de groupes qui jouissent d’une excellente réputation, mais plus j’y pense et plus je me dis que personne n’est autant respecté sur la scène que ces trois gaillards. Formé au tournant des années 1990, Sleep s’est fait connaitre grâce à l’explosion du grunge lorsque des tas de groupes redécouvraient la joie du son fuzzé. Composé à l’origine de Matt Pike à la guitare, Chris Hakius à la batterie et d’Al Cisneros à la basse et aux chants, le groupe s’est forgé une réputation en sortant Holy Mountain en 1992 : un album considéré comme un classique du genre et l’un des dix commandements sur la tablette du stoner rock. Impossible de ne pas apprécier les riffs du groupe sur des titres tels que ‘Dragonaut’, ‘Holy Moutain’ ou encore ‘From Beyond’ : c’est le genre de morceaux qui vont vous faire aimer tout ce qui est gras et lourd.

Malgré ce mythique album, la bande de Cisneros ne rempile pas pour un second album dans la foulée et il faut attendre 1995 pour les voir retourner en studio pour enregistrer Dopesmoker. Cependant, quand on propose une seule chanson de plus d’une heure, on peut comprendre pourquoi London Records – leur maison de disque – n’a pas voulu commercialiser le concept tant c’était risqué. Alors, ils retournent en studio pour adapter le travail et le sortir en plusieurs pistes sous le titre de Jerusalem. Chose improbable, le label ne voulait toujours le commercialiser ce qui a mené à la séparation du groupe en 1998, Jerusalem sortira en tant que bootleg officiel par la bande de Pike. Malgré la séparation de Sleep, Dopesmoker sort finalement le 22 avril 2003 avec le label Tee Pee Records, Cisneros communiquera qu’il est plutôt satisfait que cette édition soit plus proche du travail original effectué près de huit ans auparavant. 

Le groupe se reforme en 2009 à l’occasion de deux concerts à Londres et joue pour la première fois un nouveau morceau ‘Antarcticans Thawed’ issu des sessions d’enregistrement de Dopesmoker. Depuis, le groupe continue de faire des concerts mais fournit très peu d’enregistrement en dehors du single Clarity sorti en 2014. Depuis, tous les fans de stoner rock brûlent un cierge pour voir arriver un nouvel album du groupe ; qui sera sans doute considéré comme le nouveau messie de la scène.

Grâce à ses deux albums considérés comme mythiques, Sleep est devenu comme l’un des piliers du stoner rock et ses membres sont éminemment respectés, Matt Pike a bien droit à des memes internet sur certaines pages web tout comme Al Cisneros. Sleep est aussi le groupe qui a sans doute affilié stoner rock et marijuana : ils ont quand même préconisés à un producteur d’Earache Records de fumer de la weed avant d’écouter leur démo pour mieux profiter de leur son…

Sleep en quelques dates:
  • 1990 : formation
  • 1992 : sortie de Holy Mountain
  • 1998 : séparation
  • 2003 : sortie de Dopesmoker
  • 2009 : reformation
  • 2014 : sortie du single Clarity

Read More

Stonehead est un groupe originaire de Dresde en Allemagne et qui signe son deuxième album avec « Inner Demons ». On ne va pas dire que c’est un ovni musical, mais cet album se veut varié musicalement parlant en surfant sur le stoner rock, le psyché, le hard rock à la façon Stoner Train et surtout des sonorités empruntées au metal !

Inner Demon, une bonne dose de stoner qui décoiffe


Le premier titre, subtilement intitulé ‘The End’, dure une douzaine de minutes ce qui est assez incongru pour une ouverture d’album. Pourtant, on se laisse prendre par cette petite balade aux forts relents de stoner progressif psychédélique – on notera que le didgeridoo dans un morceau de cette trempe, c’est relativement assez rare. Avec le deuxième titre ‘Mama Always Told Me’ on quitte cette ambiance psychédélique pour se retrouver dans un rocking-chair à boire de la bière sous un soleil de plomb et de préférence dans un désert, ou pas très loin. On n’est pas très loin d’une ambiance posée à la Stoner Train, mais en mode calme.

Sans doute l’un des titres phares de l’album, la troisième piste ‘Heaven Ain’t a Good Place to Be’ commence avec la phrase « this rock and roll rythm is filled with dynamite » avant de commencer sur les chapeaux de roues avec un rythme qui est endiablé ! Le refrain est très entrainant, les guitares vous scotchent et je m’imagine déjà ce que ça peut donner en concert : un véritable coup de pied au cul ! Les titres suivants restent très « metal » avec Nobbi le chanteur qui fait quelques passages en mode growl par moment avant de laisser la basse s’exprimer quelques instants avant d’envoyer un solo ; exception pour le titre ‘Numb’ qui se veut comme une sorte de pause au milieu de l’album, ici point de guitare électrique mais seulement de l’acoustique/folk avec un banjo pour accompagner le tout. Là encore, on n’hésite pas reprendre une petite bière pour bien se mettre dans l’ambiance. Mention spéciale au titre ‘One Life’ qui est l’un des meilleurs morceaux tant sur la partie rythmique qui est posée, que musicalement parlant avec toujours ce côté groovy et le refrain est diablement efficace, surtout avec les échos dans la voix de Nobbi.

Les titres ‘The Lights Did Not Shine’ et ‘The Last Drink’ nous propose de se poser de nouveau pour calmer nos ardeurs guerrières et de laisser baisser notre tension artérielle après ces doses de hard rock et de metal. On retourne donc un peu plus dans du stoner pour ‘The Lights Did Not Shine’ bien qu’il conserve un sacré côté saturé type metal. Nan, c’est bien ‘The Last Drink’ qui se pense comme un morceau de stoner posé avec une basse en intro avant d’entamer un petit riff fort bien sympathique le tout supervisé par un rythme de batterie très posée. Et avec ça, je reprendrais bien une autre petite binouze, à croire que les gars de Stonehead vont avoir raison de mon foie à force de nous pondre des morceaux qui donnent envie de boire comme un trou ! En revanche, les deux derniers titres de l’album sont en « trop » dans cet album qui aurait pu largement se contenter de neuf pistes puisqu’on retrouve les mêmes schémas rythmiques, musicaux que les autres mais avec du caractère en moins.

Que faut-il en retenir ?


Au final, Stonehead nous offre avec « Inner Demons » un album qui plaira avant tout aux personnes fans de metal et de stoner tant l’album se veut un mix entre ses deux styles et les gars de Stonehead le font très bien ! En somme, c’est un album qui s’écoutera avec quelques bons potes tout en buvant quelques pintes de bières. L’autre chose qui m’a marqué, c’est cette énergie que dégage le groupe rien qu’à travers le disque ; et cela ne peut qu’augurer du bon pour les performances scéniques qui s’annoncent très énergiques !

Read More

Czasami życie sprawia, że znajdujemy się w miejscu, w którym nigdy nie spodziewaliśmy się być. Los prowokuje sytuacje, w których poznajemy - zupełnie przypadkowo - osoby, z którymi zacieśniamy więzi i, ot tak, decydujemy się na road-trip do Polski. Jednym z jego etapów jest mały festiwal, szerzej znany jako „Red Smoke Festival” w Pleszewie – małym miasteczku, liczącym sobie 17 000 mieszkańców, położonym między dwoma dużymi miastami: Łodzią i Poznaniem. Choć trudno w to uwierzyć, tym co skłoniło mnie do udziału w Red Smoke Festival była rozmowa, którą rok temu odbyłem z pewną Polką. Powiedziała mi wtedy: „Powinieneś przyjechać na kolejną edycję w 2016, zobaczysz: to mały festiwal, ale nie przypomina żadnego innego”. I w ten oto sposób, w kwietniu, podjęliśmy z kolegą (który, podobnie jak ja, jest fanem stoner rocka) decyzję o przejechaniu ponad tysiąca kilometrów autem w stronę Pleszewa, który na trzy dni staje się polską stolicą stoner rocka.

Przyjechaliśmy 8 lipca w piątek, około 10 rano i pierwszą rzeczą, która mnie pozytywnie zaskoczyła była rodzinna atmosfera na campingu o przyzwoitych rozmiarach (Hellfest jest lata świetlne od tego miejsca, jeśli chodzi o warunki obozowe). Polski jest językiem oficjalnym festiwalu, ale można swobodnie rozmawiać po angielsku z osobami z sąsiedniego namiotu. Może się nawet zdarzyć, że uda wam się porozmawiać po francusku, jeśli tylko będziecie mieć tyle szczęscia ile my i traficie na Polaka mieszkającego w Szwajcarii (z dedykacją dla Ernesta, jeśli to czyta!) W kraju, w którym normą jest sączenie piwa z puszki oczywistym jest, że daliśmy się prędko zauważyć dolewając do naszych Żubrów (popularne polskie piwo) Picon Biere (rodzaj bitteru korzenno-cytrusowego, dodawanego do piwa, przyp.tłum.) Wzbudziło to takie zainteresowanie, że nasi sąsiedzi odważyli się do nas podejść pytając skąd pochodzimy. Większość z nich była zdziwiona widząc Francuzów w tej części Polski. Słyszeliśmy nawet, że jesteśmy crazy, że przejechaliśmy taki kawał drogi tylko po to, aby się tu znaleźć. Z pewnością, było ziarno szaleństwa w tym, że pokonaliśmy tą drogę samochodem, ale czy dalekie podróże nie są same w sobie tematem stoner rocka? Podróżowanie i odkrywanie nowych kultur, nowych horyzontów, to wszystko motywuje mnie do działania w codziennym życiu. W dodatku plakat z tej edycji festiwalu był niezwykły i nawet jeśli nie znałem wszystkich wymienionych grup to miałem przeczucie, że się nie zawiodę.



Kiedy jesteśmy stałymi bywalcami Hellfestu – który jest festiwalem dość dobrze zorganizowanym – uczestnictwo w Red Smoke zmienia kompletnie naszą perspektywę, i tym lepiej. Powszechnie wiadomo, że stoner rock posiada stronę do it yourself  zapożyczoną z nurtu punk i organizatorzy Red Smoke Festival niezaprzeczalnie zwrócili się ku tej idei. Nie znajdziemy tutaj imponujących dekoracji niczym z parku rozrywki dla metalów. O nie. Tutaj dekoracje stanowią drewniane znaki ozdobione niezwkłymi malowidłami, a także kartony z napisem „Gastro”, posklejane taśmą i oznaczające miejsce, w którym – nie, nie złapiemy wirusa grypy żołądkowej – ale będziemy mogli spożyć posiłek, w samym sercu campingu. Tutaj możecie spokojnie przemieszczać się ze swoim pokalem, bez względu na to co w nim jest. Złota reguła jest taka, żeby nie wnosić szkła. Ale poza tym, nikogo nie interesuje co pijecie: czy jest to piwo, wódka czy inny mocny alkohol. Nie, nikt was nie zmusza do picia, kiedy już jesteście na terenie. Skądinąd, jako, że obozowisko znajduje się kilkanaście metrów od terenów festiwalowych, łatwo można się zaopatrzyć w alkohol.


Główna, i jedyna, scena nie jest duża i wychodzi na mały amfiteatr gdzie można albo usiąść, albo stanąć za barierkami; przyznaję, że był to pierwszy raz kiedy spotkałem się z takim układem festiwalu. Po lewej stronie sceny rozstawiono różnego rodzaju kanapy i fotele, w których można się spokojnie wyłożyć, będąc bardziej lub mniej w cieniu, i napić się, spędzić miło czas ze znajomymi lub, co niektórzy, mogą rozpocząć swoją podróż astralną, a to wszystko zaraz obok sceny i występujących na niej grup. Z resztą, podczas Red Smoke, życie toczy się wolniej. Rozkład koncertów nie jest zbytnio napięty, gdyż występujące zespoły zaczynają grać po 17. Aby się nieco rozruszać, możecie obejrzeć występy lokalnych grup grających około 13-14 w ramach promocji (patrz. filmik na dole artykułu), siedząc wygodnie na kanapach lub schodkach amfiteatru. Ostatnie koncerty grane są około 23 i kończą się o północy lub nawet o 1 nad ranem. Ale nie myślcie sobie, że pójdziecie wtedy grzecznie spać: na campingu gra DJ, przy którego muzyce z gatunku stoner i psychadelic możecie tańczyć do białego rana!

 No i przede wszystkim: ta atmosfera. Ze względu na dość wysokie temperatury, można było doświadczyć czegość w rodzaju bezwładu: a przecież słowo to idealnie opisuje istotę stoner rocka. A więc usadawiamy się w cieniu sącząc piwko podczas gdy nasz sąsiad szarpie struny swojej elektrycznej gitary, a sąsiadka zaciąga się czymś czego zapach łaskocze nas w nozdrza. Skądinąd, nazwa festiwalu jest idealnie dobrana, gdyż rzeczywiście publika tonie w zielonych oparach przez 3 całe dni, a jeśli z jakiegoś powodu skończyło wam się zaopatrzenie, zawsze coś dostaniecie: czy to pod sceną, czy na campingu. Dopiero napisawszy tych kilka zdań zdałem sobie sprawę, że atmosfera na festiwalu jest po prostu rodzinna. Tak, jakbyście byli na spotkaniu jednej, wielkiej rodziny, której nie łączą więzy krwi, ale miłość do stoner, doom i psychadelic.





Ta rodzinna atmosfera wyczuwalna jest także w kontakcie między artystami i publicznością. Zespoły mogą swobodnie przemieszczać się w stronę publiki jeśli tylko zechcą. Interakcja między publicznością a muzykami odbywa się spontanicznie, naturalnie i bez żadnych granic: przypomina mi się moment, w którym wokalista Godsleep podszedł do barierek żeby spytać jak się mówi „Cheers” po polsku, na co wszyscy rozkrzyczeli się: na zdrowieeeee. Innym przykładem jest prywatna chwila z francuską grupą Cheap Wine, z którymi gawędziliśmy po ich niezapomnianym występie. Przyznaję, że łatwiej jest rozmawiać z francuskimi muzykami w obcym kraju, zwłaszcza w Polsce! A potem zauważyliśmy członka Truckfighters, który stał na promocji i czekał na rozmowę i rozdanie kilku autografów, ale szczerze powiedziawszy nie miałem odwagi podejść do kogoś z tak znanej grupy; mam takie samo doświadczenie z Grekami z 100mods w ramach koncertu we Frankfurcie. Trudno, może następnym razem!

W niedzielę wieczorem, pod koniec występów, również doświadczyliśmy czegoś nieasmowitego: organizatorzy festiwalu – którzy są, nic dodać nic ująć, Red Scalp – weszli na scenę. Tłum zaczął skandować dziękuję, dziękuję, a zaraz potem eh-ya-eh ! eh-ya-ooooh odwołując się do utworu « Tatanka » Red Scalp, który w tej jednej chwili stał się hymnem festiwalu. Wzruszeni organizatorzy kazali nam na chwilę przestać i zaprosili nas na kolejną edycję, jednocześnie przepraszając za wszystkie zmiany na ostatnią chwilę (występ Weedpecker zamiast przewidzianego Wucan) i za fakt, iż grupa Naxatras nie mogła wystąpić w piątkowy wieczór. Ale, szczerze powiedziawszy, nie było za co przepraszać, bo wspaniale spędziliśmy te 3 dni.



Kiedy festiwal dobiega końca, zawsze pojawia się ta sama sytuacja : fizycznie męczy nas kac, ale i tak korzystamy z tych ostatnich chwil ; ale kac ma również wymiar moralny, bo przykro jest pakować namiot i bagaże z powrotem do samochodu, nawet jeśli wakacje jeszcze się nie kończą. Dwa miesiące później, pisząc ten tekst, zdaję sobie sprawę, że to był jeden z najlepszych festiwali, w których przyszło mi uczestniczyć. To uczucie przynależności do grupy, rodziny, mimo tego, że nie jesteśmy nawet we własnym kraju, na długo zapadnie mi w pamięci. Na koniec zaznaczę, że oczywiście to uczucie przynależności wynika z tego, że gromadzi nas miłość do tego samego gatunku muzycznego ; ale nie zapominajmy również o polskiej gościnności. W przeciągu kilku minut z łatwością możecie poznać nowych przyjaciół i rozmawiać z nimi, jakbyście znali się od lat. Wydaje mi się, że ta typowo słowiańska gościnność sprawia, że Red Smoke Festival zapada w pamięci.

Reasumując te trzy dni, chciałbym poprosić organizatorów o to, aby nic nie zmieniali. Red Smoke Festival powinien zostać taki, jaki jest na chwilę obecną. Powinien się odbywać w tej mieścinie jaką jest Pleszew ; powinien zachować ideę do it yourself ; powinien mieścić w sobie tą małą scenę i amfiteatr oraz ten camping, który znajduje się między sceną, a basenem miejskim. Pielęgnujcie dalej tą niezwykłą atmosferę na tym małym festiwalu, a stanie się on obowiązkowym punktem na mapie dla artystów i miejscem pielgrzymek dla fanów stoner rocka. Nie jestem pewien czy będę w stanie uczestniczyć w kolejnej edycji, ale jedno jest pewne : jeśli będę miał taką możliwość, to nie zawaham się ani na sekundę !

Tekst : Florian Gohier

Tłumaczenie : Marta Algrain






Read More

A chaque fois c’est la même rengaine, lorsque 1000mods sort un nouveau disque c’est toujours un petit évènement pour moi. Après les avoir découvert fortuitement il y a déjà un peu plus de quatre ans avec l’album Super Van Vacation, j’attends chaque nouveau cru avec une attente qui dépasse l’entendement. Vous avez donc compris qu’entre 1000mods et moi, c’est une histoire d’amour ; et que même si Vultures était pour moi moins bon que son prédécesseur je ne me lasse toujours pas de l’écouter quand l’envie s’y fait ressentir. C’est simple : c’est très dur pour moi d’être objectif avec les grecs de 1000mods. Bon alors, que vaut Repeated Exposure To… de notre groupe de stoner préféré ? Réponse dans les lignes qui suivent.

Repeated Exposure To... une bonne dose d'énergie grecque


Annoncé cet été, je ne savais pas à quoi m’attendre de la part de 1000mods concernant ce nouvel album et je dois dire que les deux premiers titres dévoilés - ‘The Son’ et ‘Loose’-  m’avaient moyennement convaincu… à la première écoute. Mais les choses changent quand vient le temps de l’écoute de l’album complet. Et le premier constat qu’on peut faire, c’est que 1000mods revient à ses débuts lorsque le groupe sonnait un peu plus doom que stoner lors de la période des EP Blank Reality (2006) et Liquid Sleep (2009). Pourtant des titres comme ‘Electric Carve’ ou encore ‘A.W’ vont vous mettre en confiance pour aller jouer des coudes avec les autres en concert en s’approchant un peu plus du stoner bien lourd : l’énergie qui se dégage de ces morceaux est hallucinante !

Le côté doom se trouve plus dans des titres tels que ‘Above179’ ou bien ‘On a Stone’. Mention spéciale pour ce dernier qui a un côté très « sleepien » avec des riffs bien gras, lourd et fuzzé comme il le faut et c’est sans conteste l’un des meilleurs titres de cet album. Plus j’avance dans l’album et plus je l’apprécie alors qu’il est différent des albums précédents. Le titre ‘Groundhog Day’ se veut comme une balade tintée de fuzz bien grasse avant d’envoyer un solo qui va vous projeter la tête dans les étoiles… et la chose se répète avec la dernière piste ‘Into the Spell’ qui va littéralement vous ensorceler et vous faire sentir comme en plein désert, sous un soleil de plomb tandis que vous cherchez votre chemin pour vous en sortir.

Que faut-il en retenir ?


Alors, que vaut Repeated Exposure To… de nos grecs préférés ? Pour un troisième album, je dois dire que j’ai été très agréablement surpris car Vultures ne m’avait pas vraiment convaincu en dehors de quelques titres. 1000mods revient à ses tout débuts et nous prouve qu’entre temps les gars ont gagné en maitrise de leur son ainsi que de la construction de leurs morceaux. Je n’ai pas été ennuyé une seule seconde lors de l’écoute de Repeated Exposure To… et je dois dire que l’album va tourner en boucle dans les jours qui viennent. Bien que le côté groovy de Super Van Vacation ne soit plus vraiment de la partie, on ne peut qu’être satisfait de voir que les gars de 1000mods nous proposent quelque chose de frais et qu’ils ne se sont pas enfermés dans une sonorité qui leur est propre. Certes, ceux qui ont connus le groupe grâce au morceau ‘Vidage’ vont peut-être se sentir un peu perdu, mais pour les amoureux du stoner rock vous tenez là l’un des meilleurs disques du genre. Un grand bravo.

σας ευχαριστώ 1000mods !

Read More

Missingmile est un groupe de stoner rock français originaire de Normandie et plus précisément de Saint Lô formé en 2010. Après avoir sorti leur EP « Skull » en 2013 et le split « Orange Juice » en octobre 2014, voilà qu’ils reviennent avec un nouvel EP « The Blackship » qui risque de faire pas mal d’émules sur la scène du stoner rock, notamment française. Merde, ça se voit tant que ça que je suis enthousiaste ?

Missingmile sur les traces des grands groupes


Inutile de le cacher, j’ai été conquis dès les premières secondes de l’écoute de « The Blackship ». Vous savez, y’a des disques comme ça qui n’ont pas besoin de plusieurs écoutes pour que votre cerveau sécrète de la dopamine et qui vous met de bonne humeur instantanément. Et avec un titre comme ‘Snake Leather Jacket’ les gars de Missingmile n’y vont pas par quatre chemins : le riff est classique mais très efficace. Impossible pour moi de ne pas penser à John Garcia – le chanteur de Kyuss – quand j’entends celle de Julien, elle est très prenante et colle parfaitement avec la musique que propose le groupe. Le titre ‘Gasoline’ reste dans la même veine en nous offrant un riff encore une fois accrocheur qui vous poussera de nouveau à bouger la tête du bas vers le haut. Ce qui est également louable c’est le fait que les instruments sont relativement égaux d’un point de vue du mixage ; tandis que certains groupes préfèrent mettent l’accent sur la basse ou la batterie, les gars de Missingmile n’ont pas besoin de ces « artifices » pour avoir un côté énergique. Non ici, tout est dans la rythmique, les riffs accrocheurs, la voix qui porte et dans la construction générale des morceaux.

Les deux derniers titres de l’EP sont ‘Fall of the Elder’ et ‘The Past, the Future and the Dark Waves of Time’ qui sont indissociable l’une de l’autre puisque la première se pense comme l’ouverture de la suivante en proposant un moment de calme qui est plus le bienvenu pour poser un peu les cervicales de l’auditeur. Le dernier titre nous propose encore une fois un riff qui déboite avant de se poser un peu pendant quelques couplets. Le titre dure un peu plus de neuf minutes et c’est sûrement celui qui a dû demander le plus d’effort pour sa construction qui reste tout aussi bonne que celles des morceaux précédents bien que ça sonne moins « stoner rock » à proprement parler.

Que faut-il en retenir ?


Avec « The Blackship », les normands de Missingmile devraient vite grossir les rangs de leurs fans tant cet EP est jouissif pour les oreilles. En l’espace de 25 à 30 minutes, ils arrivent à dresser un portrait des différents horizons du stoner rock avec une voix à la Kyuss et des riffs accrocheurs dignes de The Sword. Je pense également qu’il s’agit d’un groupe qui peut être écouté même par des personnes qui n’aiment pas le stoner rock tant l’ensemble est très énergique et efficace. « The Blackship » nous montre tout le talent du groupe et on espère que les choses vont vite bouger pour eux dans les mois qui viennent, Missingmile est un groupe qui mérite de se faire connaître.

Read More



Enfin, le nouveau True Widow est arrivé. Un album que j’attendais depuis un moment déjà. Pour ceux qui découvrent le groupe, le son de True Widow est caractérisé par des mélodies stoner, des riffs shoegaziens agrémenté d’un petit côté Indie rock, le groupe appelant ce mélange ‘stonegaze’.
Les texans  nous reviennent donc  avec leur quatrième AVVOLGERE, leur deuxième avec Relapse Records après CIRCUMAMBULATION. 
Si ce dernier m’avait laissé sur la fin, ici on retrouve sur ce nouvel album des titres plus courts qui rendent l’ensemble plus dynamique, sans laisser de creux ni perdre l’auditeur. Malgré ce changement, l’impression de mélancolie et les riffs tout en reverb sont toujours là bien évidemment.


Les fans historiques du groupe ne seront donc pas perdus via des titres comme Back Shredder ou Entheogen. On retrouve cette ambiance très brumeuse, opaque où la voix de DH Phillips émerge d’une nappe de son.
Nicole Estill, la bassiste a aussi ses morceaux, notamment sur The Trapper and the Trapped, titre assez rock dans son ensemble, et Sante qui est vraiment une des perles de cet album de part To All He Elong qui lui sert d’intro avec guitare acoustique dopée au drone et au chant mystérieux entêtant de la bassiste.

D’ailleurs le spleen, la nostalgie,  le groupe est doué pour représenter ses émotions grises et FWTSLMTM vous fera trembler d’émotion tandis que Grey Erasure vous enverra à vos moments d’insouciance passé.


L’innovation de AVVOLGERE se fait via la batterie de Slim TX beaucoup plus présente et qui sonne beaucoup plus puissante, plus carrée. Cela est particulièrement visible dans l’intro de FWTSLMTM ou encore OOTPV.
Mais la beauté, le joyau de cet album est vraiment Theurgist. Dès les premières notes nous voilà accrocher. Tout est magnifique dans ce morceau, la mélodie du riff, la basse l’accompagnant et donnant une épaisseur supplémentaire, la batterie plus claire de Slim qui se détache permettant de faire un chemin à la voix de DH Phillips au travers cette nappe sonore. Bref que du bon !
L’album se clôt par What finds me qui est un peu une addition de tout ce qui se fait de bien sur cet album, les deux chanteurs s’unissant une dernière fois pour nous faire évader dans les brumes mystiques du drone.
Un grand et beau voyage dans le pays du stonegaze proposé par True Widow  dans ce quatrième opus dont on ne ressort pas indemne.


Read More


Kroh est un groupe de Doom nous venant tout droits de Birmingham, découvert très récemment et leur album Altars m’a immédiatement captivé, voici pourquoi.

On démarre avec Krzyżu Święty. De suite on est frappé par la clarté de la voix d’Oliwia Sobieszek  nous rendant les paroles polonaises douces à l’oreille. Mais ce morceau n’est que l’intro de Mother Serpent qui démarre sur les chapeaux de roues via la guitare bien lourde de Paul Kenney . On remarque de suite le style du groupe, d’un côté la lourdeur de la guitare de Paul , la batterie de Rich Stanton  et la basse de Darren Donovan et de l’autre le chant claire d’Oliwia .

Un gros riff bien fuzzy comme on les aime et voilà que  Living Water  est là. Cette chanson comporte le  refrain plus entêtant de l’album.  On est vraiment dans un style Doom occulte à la limite gothique qui peut faire penser à Avatarium. La guitare n’est pas grasse mais lourde et fuzzy, la batterie lente mais claire.

Feed the brain s’ouvre avec un écho très drone de la part de Paul .Cependant le chant cérémoniale d’Oliwia , le chœur puis sur la dernière partie du morceau la mélodie jouée par  donne un aspect très gothique au morceau. La messe noire et dites et Kroh sont nos maitres dans ce sombre voyage.

Angoissant est le terme qui convient le mieux pour décrire Malady. Tout le long du morceau la tension monte progressivement, les bruits de grincement  dans le fond sonore donne vraiment un aspect malsain, effrayant au titre.

Break the bread s’ouvre avec un Riff lourd et groovy, captivant, qui ralenti devenant plus puissant plus présent. ‘Break the bread ‘ est alors un chant incantatoire appelant une bête de l’enfer. Cet aspect mystique est d’autant renforcé par un passage plaintif et écorché dans lequel Oliwia semble invoquer une malédiction.

On poursuit avec Stone into Flesh et son intro très calme. Enfin calme jusqu’à  ce que Paul laisse exploser toute la puissance doomesque de sa guitare. Ici on commence à réaliser que oui les morceaux ont tous cette dualité instrument / voix, mais le groove, la compacité des chansons évitent au groupe de s’éterniser dans des morceaux trop long, sans réel but. 

Une guitare seule dans un riff tout en écho et voilà que Cold se présente à nous. D’une part ce morceau tranche avec le reste de l’album mais en plus est une représentation forte et noire de la solitude. La voix d’Oliwia est une complainte parlée et non chantée, les différents effets accentuent ce côté dépressif du morceau jusqu’au solo de Paul. Un morceau fort joyeux en somme !  

On termine avec ce qui se fait de mieux dans cet album, un résumé du talent du groupe en somme : Precious Bones. On repart ici avec un chant enivrant et cette guitare doomesque soulignant par sa puissance le morceau. A noter le très beau jeu de batterie de Rich tout au long du titre. Le style du groupe est vraiment à son sommet,  alternant avec brio les séquences lourdes et calmes. On en redemande !

Le groupe n’a peut-être pas réinventé le genre du doom occulte mais l’a sublimé, ajoutant ce côté addictif qui nous fait appuyer sur Replay. Kroh peut être fier d’Altars qui trouvera sûrement sa place dans les meilleurs albums doom de cette année.

Read More

Parfois, la vie vous emmène dans des endroits où vous n’auriez jamais pensé y mettre les pieds. On fait des rencontres fortuites, on tisse des liens et puis voilà qu’un beau jour vous décidez d’organiser un road-trip direction la Pologne dont l’une des étapes vous mène à un petit festival qui répond au doux nom de « Red Smoke Festival » à Pleszew - prononcez « plécheffe » - petite bourgade de 17.000 habitants située entre les deux grandes villes de Lodz et Poznan. Difficile à croire, mais ce qui m’a mené au Red Smoke Festival, c’est avant tout une rencontre avec une polonaise qui m’avait parlé de ce festival l’an passé et qui m’avait dit : « tu devrais venir pour l’édition 2016, tu vas voir c’est un petit festival mais qui ne ressemble à aucun autre ». Et voilà qu’en avril dernier, la décision a été prise avec un pote lui aussi fan de stoner de parcourir plus de mille kilomètres en bagnole pour rejoindre Pleszew qui, durant l’espace de trois jours, se veut comme la capitale du stoner en Pologne.

Un festival résolument "underground"


Notre arrivée se fait le vendredi 8 juillet aux alentours de 10 heures du matin et la première chose que j’ai aimé, c’est ce côté familial dans le camping qui reste à dimension humaine (on est à des années lumières de celui du Hellfest). Le polonais est la langue officielle du festival, mais vous pouvez aisément parler en anglais avec vos voisins de camping voire même de parler en français pour peu que vous ayez la chance de tomber sur un polonais qui vit en Suisse (dédicace à toi Ernest, si tu lis ces lignes !). Dans un pays où on a l’habitude de boire de la bière en canette, il est clair qu’on se fait vite remarquer en versant du Picon Bière avant la Zubr - une bière populaire en Pologne - et cela a suscité une curiosité assez grande qui a poussé nos voisins à venir à notre rencontre pour savoir de quel pays on venait. La plupart étaient surpris de voir des français dans le fin fond de la Pologne et disaient que nous étions « crazy » d’avoir fait autant de route pour venir jusqu’ici. Certes, il y a une part de folie pour venir jusqu’ici en voiture, mais les voyages lointains ne sont-ils pas un thème propre au stoner rock ? Voyager et découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux horizons, c’est aussi ça qui me pousse à avancer dans la vie. Et puis l’affiche de cette édition était merveilleuse et même si je ne connaissais pas tous les groupes, j’avais le pressentiment que j’allais faire de bonnes découvertes. 

Un stand de nourriture se cache à l'intérieur de ce tipi en bois...
De belles rencontres sont faites sur le camping !

Lorsqu’on est un habitué du Hellfest - qui est un festival rondement bien organisé - venir au Red Smoke change complètement la donne, et c’est tant mieux. C’est bien connu, le stoner-rock a ce côté « do it yourself » emprunté au mouvement punk et il est indéniable que les organisateurs du Red Smoke Festival ont parfaitement imprégné cette chose dans l’esprit même du festival. Ici pas de décoration digne d’un parc d’attraction pour métalleux. Non. Ici ce sont les panneaux en bois agglomérés avec de la peinture qui règnent en maîtres, tout comme les cartons avec la mention « Gastro » fixé avec du scotch qui indiquent, non pas un lieu pour choper une gastro-entérite, mais un lieu de restauration au cœur du camping. Ici, on vous laisse rentrer sur le site avec votre gobelet peu importe ce qu’il y a dedans, la règle d’or c’est juste de ne pas apporter de verres pouvant servir de projectile. Et on se fout complètement de ce que vous buvez si c’est de la bière, de la vodka ou tout autre alcool fort. Non, on ne vous pousse pas à la consommation une fois sur le site. D’ailleurs, comme le camping est situé à quelques dizaines de mètres du site, il est très facile d’aller se ravitailler en alcool entre chaque groupe. 

Vous avez dit "do it yourself" ?

La principale et unique scène n’est pas très grande et fait face à un petit amphithéâtre où on peut soit s’asseoir, soit se tenir debout devant les barrières ; je dois dire que c’était la première fois que je voyais une telle disposition pour un festival. Sur le côté gauche de la scène, sont disposés des canapés et fauteuils en tout genre pour se la couler douce en étant plus ou moins à l’ombre pour boire un coup, passer un bon moment avec les potes ou bien pour d’autres de commencer une sorte de voyage astral tout en étant juste à côté de la scène et des groupes qui passent. D’ailleurs, au Red Smoke, on aime prendre le temps de vivre. Le planning n’est pas chargé car les groupes programmés ne commencent pas avant 17h et pour vous mettre en jambe, vous pouvez aller écouter les groupes locaux qui jouent vers 13h-14h au niveau du merchandising (vidéo au bas de l'article) tout en restant posé dans un canapé ou sur les marches qui mènent à l’amphithéâtre. Les derniers concerts sont programmés vers 23h pour finir vers minuit voire 1h du matin. Et ne croyez pas que vous allez vous coucher tout de suite, puisque sur le camping, vous pouvez danser toute la nuit avec un DJ qui passe du stoner et du psyché jusqu’à ce que le soleil pointe le bout de son nez !

Le Red Smoke Festival, c'est aussi une ambiance familiale


Et puis il y a cette ambiance. Avec des températures assez hautes, il y a avait comme une sorte de torpeur au sein du festival, un mot qui colle parfaitement à ce qu’est le stoner rock. Alors, on se pose dans un coin ombragé pour siroter une bière pendant que le voisin d’à côté joue de la gratte électrique et que votre voisine fume une petite verdure dont les émanations parviennent jusqu’à vos narines. D’ailleurs, le festival porte très bien son nom puisqu’il est constamment baigné dans les effluves de marie-jeanne pendant trois jours et puis si jamais vous êtes venus sans matos, on vous en filera volontiers que ce soit sur le camping ou devant la scène pour mieux profiter du concert. C’est en écrivant ces quelques lignes que je viens de me rendre compte que cette ambiance, elle est tout simplement familiale. Comme si vous étiez à une sorte de réunion de famille géante sauf qu’au lieu du lien du sang, c’est l’amour du stoner, du doom et du psychédélisme qui vous unit les uns aux autres.





Cette ambiance familiale se vérifie aussi entre les spectateurs et les artistes. Les groupes peuvent aisément descendre au niveau du public lors de leurs prestations. L’interaction entre le public et les groupes se fait de manière spontanée, naturelle et surtout comme s’il n’y avait pas cette barrière artistes/spectateurs : je me souviens du moment où le chanteur de Godsleep vient au niveau des barrières pour nous demander comment on dit « santé » en polonais (« yamas » en grec), tout le monde crie alors « zdrowieeeeeeee ». Et puis il y a eu aussi un autre moment privilégié avec les français de Cheap Wine avec qui on a taillé la bavette après leur prestation mémorable – j’avoue que c’est sûrement plus facile de parler avec des groupes français dans un pays étranger, et encore plus en Pologne ! Et puis on voit les gars de Truckfighters au merchandising, prêts à tailler la bavette ou bien à signer quelques autographes s’il le faut, mais à mon grand regret je n’ai pas eu le cran d’aller les voir tellement je les considère comme un grand groupe ; la même chose m’était arrivée avec les grecs de 1000mods lors d’un concert à Francfort… Tant pis, ce sera pour la prochaine fois ! 

Le dimanche soir, à la fin des concerts, il y a aussi eu un précieux moment : celui où les organisateurs du festival – qui sont ni plus ni moins les membres de Red Scalp avant tout – sont montés sur scène ; la foule a alors scandé des « dziękuję! dziękuję! » suivi des « eh-ya-eh ! eh-ya-ooooh » en référence au titre ‘Tatanka’ de Red Scalp, qui est devenu à ce moment comme l’hymne du festival. Les organisateurs visiblement émus, nous demandent juste d’arrêter car on en fait un peu trop, avant de nous donner rendez-vous pour l’année prochaine et en s’excusant des problèmes qu’il y a pu avoir avec des désistements de dernière minute (Wucan remplacé par Weedpecker) et d’une satanée tempête qui a tout simplement empêché le groupe Naxatras de jouer le vendredi soir. Mais, franchement en dépit de ces problèmes, ça ne sert à rien de s’excuser tant on s’est si bien senti pendant ces trois jours. 



Le mot de la fin ?

Lorsqu’un festival se termine, c’est toujours la même rengaine : on a comme une sorte de gueule de bois aussi bien physiquement – il faut bien profiter de ces dernières heures de bonheur – mais aussi moralement, parce que c’est toujours un mauvais moment que de remballer sa tente et ses affaires dans le coffre de la voiture, même si les vacances se poursuivent. Deux mois après, c’est en écrivant ces lignes que je me rends compte que c’est l’un des meilleurs festivals qu’il m’ait été donné de faire. Cette sensation de faire partie d’un clan, d’une famille, alors qu’on n’est même pas dans son pays, c’est quelque chose qui m’a profondément marqué. J’ajouterai également que, évidemment, cette impression de faire partie d’une famille est marquée par le fait qu’on se retrouve tous dans un même genre musical ; mais il ne faut pas oublier l’hospitalité du peuple polonais. En l’espace de quelques minutes, vous n’avez aucun mal à vous faire des amis et vous parlez comme si ça faisait des années que vous vous connaissiez. Je pense que cette hospitalité propre aux slaves, est quelque chose qui rend le Red Smoke Festival encore plus marquant. 

Pour en revenir au bilan de ces trois jours, j’ai envie de dire aux organisateurs « ne changez rien », il faut que le Red Smoke Festival reste tel qu’il est même si le succès est au rendez-vous. Il faut qu’il reste dans cette petite bourgade qu’est Pleszew ; il faut qu’il garde ce côté « do it yourself » ; qu’il garde sa scène, son petit amphithéâtre et son camping coincé entre la scène et la piscine municipale. Continuez à développer cette merveilleuse ambiance dans un si petit festival et il deviendra comme un passage obligé pour les groupes et un pèlerinage pour les amoureux du stoner rock. Je ne sais pas si je répondrai présent pour la prochaine édition, mais une chose est sûre, si la possibilité m’est offerte je n’hésiterai pas une seule seconde à y revenir !







  • Crédits photos : Red Smoke Festival | La Planète du Stoner Rock
Read More

Holy Grove est un groupe de doom-stoner basé à Portland, dans l’Oregon dans le nord-ouest américain. En 2014, je me souviens avoir téléchargé sur leur Bandcamp une performance en direct de quelques morceaux et j’avais trouvé ça vraiment sympa. Alors, quand j’ai su qu’en mars dernier ils balançaient leur premier album, je me suis dit qu’il fallait quand même les honorer d’une chronique puisqu’ils le méritent. Et pas qu’un peu.

Holy Grove, un EP qui envoie du très lourd


La première chose marquante quant à Holy Grove c’est la puissante voix d’Andrea Vidal qui nous accroche dès le premier morceau ‘Death of Magic’. Je ne parle pas d’une voix à la Elin Larsson qui a du « coffre » mais d’une voix plus proche de celle de Lori S, la chanteuse d’Acid King. Vous savez, cette voix qui vous accroche parce qu’elle est à la fois puissante et envoûtante. Hypnotique en somme. Alors quand on additionne des guitares et une basse hypnotiques, inutile de préciser que vous avez là un cocktail détonant. Et que dire de ce solo de guitare qui vous envoie littéralement dans l’espace ! Un pur moment musical qui fait du bien à vos tympans.

Le morceau ‘Nix’ commence avec un riff on ne peut plus accrocheur, mais c’est à peu près tout ce que je retiens de ce morceau. Il est tout à fait correct, mais parait un brin moins accrocheur voire « maitrisé » que le premier. Il se termine sur le riff du début en version encore plus lourde – et ça, oui j’aime – avant de se conclure sur des sons psychédéliques qui ouvrent sur le morceau éponyme de l’album : ‘Holy Grove’. Et là, c’est reparti pour un doom psychédélique à souhait avec un solo à la deuxième minute qui va vous faire partir… avant qu’Andrea ne vous ramène sur terre pour mieux vous réexpédier dans l’espace par la suite. En écoutant ce titre, on ne peut que faire le rapprochement avec l’artwork de la jaquette, ça coule de source.

‘Caravan’ m’a marqué. Par le rythme, par les riffs sont présents tout au long du morceau mais là encore, pour des solos merveilleux et toujours par cette voix, j’en suis devenu tout aussi dingue que celle d’Acid King. Et je ne sais pas pourquoi, mais c’est ce morceau qui m’a fait le plus penser à du Black Sabbath dans sa construction générale et par ses solos qui vous pulvérisent alors que vous êtes allongé sur votre chaise. ‘Hanged Man’ commence par une voix aux échos innombrables puis par un riff qui met un peu de temps à se lancer… avant de vous faire « headbanguer », le tout supervisé par cette vibe à la Black Sab’, oui encore. Et puis mettre des échos dans la voix d’Andrea la rend encore plus mystique, comme si vous étiez pris d’une sorte d’aura magique. Dans ce titre, vous aurez droit à un trop court solo tout en harmonique avant que la chanteuse vienne à nouveau souffler les instruments.

L’album se termine sur le titre ‘Safe Return’ qui va permettre de se remettre un peu de nos émotions. Avec un riff toujours aussi accrocheur, digne du grand Tony Iommi, qui se calme pendant qu’Andrea chante les paroles, avant de reprendre par la suite. Et c’est aussi pendant ce morceau qu’Andrea nous envoûte lorsque son cri retenti et ce, sur plusieurs dizaines de secondes, un moment absolument magique… et qui continue lorsque les guitares lourdes reviennent dans la course avant de pondre deux solos tout aussi oufs que les précédents.

Que faut-il retenir ?


Finalement, je me demande ce qui est passé par la tête des membres du groupe pour nous pondre un album comme ça. J’ai plus d’affinité avec le stoner-doom crasseux comme Electric Wizard, mais je ne peux pas nier les évidentes qualités de Holy Grove en nous sortant un album qui se veut comme une ode au doom. Bien sûr, le tout sonne comme les anglais de Black Sabbath, mais ici il y a des ajouts avec des solos qui vous emportent au loin, dans les cieux mais il y a aussi une autre chose. Vous l’aurez compris. La voix. Andrea Vidal montre que c’est une sacrée chanteuse et se taille une place sur cette scène du doom. « Holy Grove » est un album que je peux conseiller à tous ceux qui sont en manque de bon vieux doom et je pense qu’il sera dans de nombreux tops pour désigner les meilleures sorties de cette succulente année 2016 qui est encore loin d’être terminée…

Read More

Archives du blog

La Planète du Stoner Rock 2016. Fourni par Blogger.