Une des belles trouvailles de cette année est Crackhouse. Apres avoir sorti un EP pétri de qualité voilà que les tourangeaux sortent leur premier album 8 mois plus tard intitulé ‘Be No One. Be Nothing’.

Be No One. Be Nothing, un diamant brut de noirceur


Apres un grésillement comme un crash, le morceau explose en gros riffs. Burden porte bien son nom, l’ambiance est pesante, le son massif s’alourdit au fur et à mesure des riffs répétitifs de Jibus Carton.  Une voix rugueuse et sale émerge.
On est là dans la violence et l’agression, un peu la manière des gars de nous souhaiter la bienvenue.  Cependant, résumer le morceau a de l’agressif pur et dur serait trop régressif. Le groupe a choisi de finir le titre sur un passage beaucoup plus mélodique, teinté de post rock. On est parti dans un voyage instrumental, la voix gutturale s’éclipsant pour de bon.
La batterie, et son maitre Simon Morlec, sont l’instrument majeur de Harva. L’ouverture tout en percussion donne un caché tribale au titre tout en dégageant une aura mystique. Les riffs émergent de nouveau, le fuzz dégouline des amplis et glisse dans nos oreilles corrompues Puis on assiste alors à une confrontation entre les riffs oscillant du doom au stoner de Jibus  et Simon et son jeu tout en lourdeur.  Le sentiment d’écrasement ressenti est encore plus accentué sur la fin, le batteur cognant de plus en plus fort ses futs.

Realm est le morceau de clôture de ce LP de 3 titres et il s’agit de la piste majeure du haut de ses 22 min vous avez dit doom ?
Un début plutôt calme après le torrent de violence libéré dans les titres précédents. Une promenade post rock, légère où on se laisse porter. Puis petit à petit, la batterie se fait de plus en plus présente, un growl retenti comme venu du tréfonds des cavernes. L’ombre nous happe et nous somme reparti dans un torrent sombre et malsain. Et puis l’ombre s’évanouit, se dissipe de nouveau pour nous laisser entreprendre notre exploration souterraine. Une mélodie entêtante, perce les percussions. Petit à petit, on avance, les riffs se font de plus en plus lumineux, l’espoir renait. Mais ce n’est que temporaire Les ténèbres nous rattrapent, et s’organisent alors une lutte à coups de riffs. Tantôt lourd et sombre, tantôt léger et lumineux. Un cri, non un growl, plutôt cri de désespoir, nous accompagne à la conclusion de ce morceau. 

Ce qu'il faut en retenir



Le sludge glauque a trouvé ses nouveaux maitres, Crackhouse bien qu’étant jeune est déjà très talentueux et nous la de nouveau prouvé avec ‘Be no One. Be Nothing’. Nous ne pouvons que leur souhaiter d’aller agresser les oreilles étrangères afin que la noirceur des tourangeaux se répende à travers le monde.

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Tandis que pas mal de groupes connus nous sortent leurs nouveaux crus en cette fin d’année, les Deadly Vipers qui nous viennent du sud de la France s’apprêtent à balancer leur premier album « Fueltronaut » chez Oak Island Records, le 13 octobre prochain. Et si on tenait là, la véritable surprise de cette fin d’année voire – soyons fous – l’un des meilleurs albums de cet excellent millésime 2017 ? La réponse ci-dessous.

« Fueltronaut », ou l’essence même du stoner-rock


En guise d’ouverture, l’album s’ouvre sur ‘Fuel Prophecy’ qui est un titre instrumental, tout ce qu’il faut pour préparer l’auditeur comme il se doit. Et puis au bout de deux minutes, nous voilà propulser sur le second titre ‘Universe’ qui commence sur des chapeaux de roues avec un riff accrocheur avant d’entendre par la suite la basse et la batterie qui viennent se greffer pour faire exploser le niveau sonore. Lorsque la voix se fait entendre, ça y est pas de doute, c’est comme si on faisait un bond de vingt ans de le passé et qu’on entendait un album de Kyuss. Dès le début, les Deadly Vipers n’y vont pas par quatre chemins et on comprend aisément qu’on va manger de la fuzz tout au long du périple musical qui s’annonce. Et pas le temps de reposer les cervicales puisque ‘Doppelganger Sun’ arrive à grand coup de riff ravageur on ne peut plus entrainant, avant que les autres instruments viennent compléter la débauche de décibels. Avec sa construction rythmique, l’identité sonore qui se dégage avec notamment une basse énorme, ce titre apparait comme l’une des pièces maitresse de « Fueltronaut ».

L’une des choses les plus marquantes lors de l’écoute, c’est toute cette énergie qui est transmise à travers les différents titres. Et même des titres comme ‘The Prey Goes On’ ou ‘Stalker’ - qui ont un tempo un peu plus lent que les autres – arrivent à dégager quelque chose de puissant à travers la maitrise du groupe à jouer sur les différents instruments et en particulier la voix de Fred qui colle parfaitement au son du groupe et qui vient magnifier le tout. Impossible de passer à côté de ‘Supernova’ qui est LE titre de cet album qui est capable de générer de nouveau fan de stoner à son écoute : un riff tellement dévastateur qu’il donnerait envie à votre grand-mère d’aller jouer des coudes dans la fosse, un refrain percutant qui reste dans la tête si bien que je me suis surpris à le chanter à tue-tête dans ma bagnole (tout en appuyant sur le champignon), un solo composé du merveilleux tandem « fuzz-wah » qui marche à merveille et une reprise finale qui arrache le peu de tympan qu’il vous reste, pour peu qu’il vous en reste encore ! ‘Supernova’ est plus efficace que n’importe quelle boisson énergisante ou autre stimulant ; c’est un morceau qui dérégule complètement la dopamine dans le cerveau pour vous plonger dans un état second et ce, pour votre plus grand plaisir. Après ce titre, on pouvait s’attendre à ce que le groupe décide de calmer les ardeurs, mais que nenni ! L’album se termine sur deux titres tout aussi ravageurs et destructeurs : ‘Dead Summer’ et ‘River of Souls’. Même s’ils sont moins puissants que ‘Supernova’, ils démontrent encore une fois toute la maitrise du groupe quant à proposer un stoner rock efficace et sans fioritures.

Que faut-il en retenir ?



Sans fioritures. C’est exactement ce qu’il faut retenir de « Fueltronaut ». Avec cet album, les Deadly Vipers nous font comme une piqure de rappel sur les fondements du stoner rock, à savoir une débauche de décibels, des riffs ravageurs et le tout saupoudré de fuzz et de wah. Mais tout serait différent sans l’énergie que le groupe a mise dans ses compositions, et c’est là ce qui fait toute la force de « Fueltronaut ». J’imagine à peine comment le groupe doit envoyer quelque chose de très lourd en concert, et j’espère pouvoir vivre très vite l’expérience. Rares sont les albums de stoner m’ayant fait autant d’effet, le dernier en date doit être « Super Van Vacation » des grecs de 1000mods. Et quand on voit comment ces derniers ont évolué, je me plais déjà à imaginer un avenir similaire pour nos français de Deadly Vipers

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Aujourd’hui on vous propose une petite chronique, calme et posé sur une des belles trouvailles qui nous arrivent sur notre boite mail : SHC, petit trio portugais for intéressant. Allez on vous emmène.

SHC ou le cyclone de jams


Nothingness s’ouvre sur une guitare baveuse et une autre tout en wah wah. SHC a un son qui pourrait s’établir a la frontière entre un Earthless et un Naxatras en plus énervé. Du jam rugueux, pas de celui qui vous envoie dans l’espace mais de celui qui vous prend dans un cyclone sonore.
Summoning Up Philip démarre plus lentement et on aperçoit le premier frémissement  vocal. Mais le titre est et encore plus puissant que ce que nous avons entrevu dans Nothingness. La guitare rythmique est parti en mode doom sale, le lead guitariste lui s’aventure et se perd dans un tumulte d’accord, tous plus épique les uns que les autres.

Nutant et son gros riff d’ouverture qui de suite est à même de vous briser le cou. Ici la rythmique a pris le pas sur la lead pour le plus grand bonheur des amateurs de fuzz. Le morceau fait l’effet d’appuyer sur la pédale d’accélérateur. Le rythme est de plus en plus rapide, les riffs de plus en plus carré Enfin ce n’est que le début car le morceau passe dans un rythme effréné. The Burning suit un peu le même chemin avec une voix punk (ou black métal) qui perce le mur sonore.
Beyond the Mind est une tempête furieuse. La guitare rythmique est la destruction et la lead le vent cinglant. D’ailleurs il est bon de noter qu’il s’agit de la première fois où le batteur arrive à faire surface au milieu du flot déchainé. Puis petit à petit, le vent se calme, la musique ralentit et permet à l’auditeur de souffler un peu. Enfin pas pour longtemps car le côté punk énervé reprend le pas. Un galop fuzzé plus tard, les portugais nous lâchent sur le rivage, perdus nous demandant où nous nous sommes aventurés.

Que faut il en retenir


SHC nous laisse tout en sueurs, ébahi, nous demandant ce qui s’est passe entre nous deux lobes auditifs. On ne peut que saluer la fraicheur, le talent et l’énergie déployés par les portuguais, en espérant les voir arriver un jour dans l’Hexagone.

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Monarch est un groupe français qui évolue dans le doom et qui est souvent catégorisé dans l’ultra-doom/drone. Mon premier contact avec le groupe s’est fait lors du Hellfest en 2015 ; et je dois dire qu’il m’avait fait forte impression en termes de puissance sonore, mais surtout au niveau de l’ambiance bien que le concert s’était déroulé au beau milieu de la journée. Après avoir écouté plusieurs de leurs albums et notamment « Sabbracadaver » sorti en 2014, je dois vous dire que j’étais quelque peu intéressé – bien que je ne sois pas un fan du genre -  lorsque le groupe a annoncé la sortie de leur nouveau cru intitulé « Never Forever » pour le 22 septembre 2017. Et bon sang, même en étant très peu adepte du genre, je dois avouer que j’ai été littéralement conquis par l’expérience ! La réponse ci-dessous.

« Never Forever », une véritable plongée dans le drone occulte


La piste ‘Of Night, With Knives’ ouvre le bal. Un brouillard lugubre se forme autour de moi tandis que le Soleil semble se coucher bien plus vite que d’habitude. Un bourdonnement de guitare se fait entendre, et dans ce même laps de temps, j’entends une voix féminine discrète. Sans que je le sache, je m’embarque dans une véritable messe noire et je comprends ce à quoi j’ai affaire uniquement lorsque la batterie entre dans le jeu lorsque j’entends des fûts se faire matraquer. L’ambiance devient encore plus angoissante à la venue des multiples voix de femmes qui se font entendre au-dessus d’une sorte de mur de sonore composé de guitares, de batterie et de basse. Et puis soudain, plus rien. Tout ralenti pour mieux reprendre par la suite. L’expérience est marquante, on pourrait même la qualifier de viscérale. Par cette première piste, Monarch parvient à me faire perdre les pieds ; c’est comme si j’avais perdu mes repères, on se laisse porter par la musique et puis on sursaute lorsque vient les cris d’Emilie Bresson, la chanteuse du groupe. La piste ‘Song of the Void’ calme un peu les ardeurs avec le même bourdonnement constant tout au long du morceau et tandis qu’on entend des chuchotements qui nous font garder notre prudence : on a l’impression que tout peut s’emballer à n’importe quel moment…

Et puis c’est reparti pour un tour avec ‘Cadaverine’. Je me retrouve à nouveau enveloppé dans un brouillard qui altère mes repères. Au fond de moi, je sens que cela ne va pas se passer comme prévu. Le début du morceau est bien trop calme, je sens qu’il y a comme de la rage et de la haine dans l’air et pourtant la voix parvient encore à m’ensorceler. Les guitares retentissent à nouveau tandis que Boubi Sablon matraque de nouveau ses fûts de batterie. Comme pour le premier morceau, on entend parfois une voix masculine – comme celle d’un monstre - se mêler à celle d’Emilie Bresson ; ce qui rajoute une couche d’horreur à l’ambiance du morceau. Et puis il y a ces hurlements – ceux de la chanteuse - qui arrivent sans prévenir : c’est incroyable comme ils sont communicatifs. Pour ma part, ils m’ont donné l’impression d’un grand désespoir voire de souffrance, et c’est alors que je sens le désespoir naitre dans mon corps. Dans le titre de fermeture qui s’intitule ‘Lilith’, les cris sont comme emplis de haine ce qui leur confère un côté viscéral qui prend littéralement aux tripes. Cela remet en perspective le fait que la voix est un instrument à part entière et qui est souvent mise en arrière-plan dans le drone et/ou le doom. Ici, Monarch met la voix sur le devant de la scène ; c’est elle qui sublime l’ambiance occulte qui se dégage des morceaux et on peut dire que c’est quelque chose d’unique dans ce genre musical.

Que faut-il en retenir ?


Avec « Never Forever » les français de Monarch passent au stade supérieur. Le groupe évolue dans un style qui lui est propre et où l’auditeur, quel qu’il soit, ne peut ressentir une quelconque indifférence. L’album est conçu comme une immense messe noire qui dure plus d’une heure dans laquelle c’est Emilie Bresson qui apparait comme la prêtresse en charge du bon déroulement de la cérémonie. En l’espace de cinq titres – dont certains qui frôlent les vingt minutes – Monarch parvient à créer une ambiance malsaine mais empreinte d’un charme particulier qui lui confère une sorte de fascination. Impossible de savoir comment la musique va évoluer dans les secondes ou les minutes qui arrivent, on est perpétuellement plongé dans un brouillard et ce, même après avoir écouté l’album plusieurs fois. Amateurs de drone et de doom, si vous êtes portés sur les ambiances bien sombres et que vous étiez en manque ces derniers temps ; vous pouvez accueillir « Never Forever » comme le nouveau messie.


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C’est toujours avec un certain plaisir qu’on voit émerger des groupes sur la scène stoner ; de voir que des personnes se sont réunies pour tenter l’aventure de monter un groupe. Qilin est un groupe qui vient de Paris et qui balancé sa première démo sur Bandcamp. Après plusieurs écoutes, je dois dire que j’ai été suffisamment enchanté pour en faire une chronique !


Qilin, du doom-stoner classique mais bougrement efficace


La démo commence avec le titre ‘Cold Pine Highway’ qui met les points sur « i » dès les premières secondes avec un gros riff bien lourd. Une fois les choses quelque peu calmées, une basse vient prendre le relai afin de bercer l’auditeur suivi d’un petit solo de guitare avant de reprendre sur le riff de base. Structurellement parlant, c’est classique mais tout aussi efficace. Tellement efficace qu’on se surprend à secouer sa tête devant son écran d’ordinateur et ce, très rapidement. Avec le titre ‘Labyrinth’ on retrouve là encore ces mêmes sensations, mais sans vraiment savoir pourquoi, ce morceau m’a laissé imaginer le groupe répéter cette démo. On s’imagine aisément les gars de Qilin enregistrer ces morceaux comme si c’était une session de répétition où, bien souvent, la synergie entre plusieurs personnes peut créer quelques merveilles que ce soit. Dans ce titre, c’est particulièrement le moment où ça donne l’impression de s’accélérer vers la fin du titre qui me plait ; chose sublimée avec un solo qui coule de source pour faire planer l’auditeur !

‘Magic Owl’ commence par une introduction à la guitare acoustique qui berce l’auditeur… avant de s’enflammer en lourdeur (oui physiquement parlant c’est impossible, mais c’est surtout pour l’image) avec l’ajout de la guitare électrique qui vient jouer quelques notes avant de faire parler la puissance du riff. On retrouve également ce schéma musical sur la dernière piste ‘Sun Strokes The Wall’ qui est sans doute ma préférée avec celle d’ouverture. Les solos de guitare courts mais tellement aériens sont très plaisant à écouter avant de se calmer… et de repartir de plus belle par la suite.

Que faut-il en retenir ?


Il me semble que c’est la première démo qui est chroniquée sur le site et je pense qu’elle l’a bien mérité car après son écoute, on sent bien que le groupe à un certain potentiel. Seul petit bémol, c’est ce format de démo qui ne bénéficie pas d’un bon mixage, mais malgré tout, ça garde un certain charme lors de l’écoute. Au final, peut être que certains d’entre vous trouveront que la musique de Qilin est classique pour du doom-stoner. Je dirais oui, bien entendu, mais au final ce qu’on recherche c’est des riffs hypnotiques et bien lourds non ? Et dans ce domaine, les gars de Qilin ont un réel potentiel. Impossible non plus de ne pas apprécier les solos de guitare aériens qui viennent finaliser la musique du groupe. En tout cas, je souhaite au groupe de poursuivre sur leur voie et de nous abreuver d’un nouvel opus prochainement !

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Le mois de septembre est synonyme de la rentrée et du début de la fin de l'été. Pour cela, après nos péripéties au coeur de la Pologne, on vous propose un podcast séance de rattrapage sur les sorties de l'été, mais surtout sur ce qui nous a plu parmi tout ce qui est sorti du mois de juillet et août.

Au programme de cette émission :



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Depuis quelques années, le Stoner européen a le vent en poupe, avec en chef de file des places fortes telles que la Grèce ou la Pologne. Cependant, des scènes émergeantes apparaissent çà et là.  Hey Satan est un groupe suisse venant de Lausanne et tente à nous montrer qu'à défaut de soleil et de désert, on peut être inspiré pour écrire un album stoner rock influencé Heavy. Alors ce premier album éponyme est-il une réussite ? C'est-ce que nous allons voir.

"HEY SATAN", une petite perle d'efficacité à découvrir d'urgence


Dès le début de l'album, Hey Satan donne le ton. "Fallon City Messiah",  la première piste, nous accueille dans une ode aux bruits et à la délectation. La reverb dans la voix et cette entrée en matière que sont les premiers mots " Brothers and Sisters", me fait  penser à une messe orgianique mélangeant les effets Fuzz typique 70's à un rock plus catchy . S'en suit , le moment fort de l'album qu'est le diptyque "legal aspect of love" et " Sunshine blues". Ces deux morceaux sont fortement inspirés par Queens Of The Stone Age époque "Rated R" et "Songs For The Deaf". " Sunshine Blues" est, d'ailleurs pour moi, LA pièce maîtresse de cet album. Une chanson à la sensualité électrique exacerbée, idéale en cette période estivale, en cas de rencontre impromptue et éphémère. Un titre que l'on réécoutera cet hiver, en repensant aux moments vécus, un sourire aux lèvres.
"In cold blood" est un titre direct, accrocheur, au chant vaporeux avec un petit solo de guitare placé en son sein, une petite merveille d'efficacité et de simplicité. "1991", cinquième piste de cet album éponyme est un enfant bâtard de stoner/métal/ blues typé années 70. L'ensemble de l'album, qui se termine par le morceau instrumental " this meat stinks, Honey !",  est très équilibré, sans aucune redondance ni temps mort,  véritable plaisir d'écoute de bout en bout.

QUE FAUT-IL EN RETENIR?


Hey Satan, nous sort pour son premier album, un album à forte teneur en ré-écoute, idéal pour se faire des souvenirs entre amis, l'été, une bière fraiche à la main. Une très belle surprise, que j'ai vraiment hâte de voir défendue en live.  Je vais éviter, dans cette conclusion, la blague éculée des petits Suisses devenant grands, mais s'ils persistent sur cette voie, les Helvètes peuvent prétendre monter haut, très haut sur la scène stoner européenne. Et c'est bien là tout le bien que je leur souhaite !

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   Nous apportant un bon morceau de leur désert californiens, les quatre mecs de Zed ne font plus figure d'inconnus et encore moins d'amateurs sur la scène du Stoner Rock depuis déjà quelques années. Doublement investis dans le milieu, car non content de faire headbanger leur public à longueur d'albums et de concerts, ils participent en 2015 à la création du San Jose Stoner Rock Fest. En 2016 ils signeront avec le label Ripple Music pour la sortie de leur album "Trouble in Eden", mais nous n'en sommes pas encore là. En 2013, Zed se faisait déjà remarquer en sortant "Desperation Blues".

C'est en découvrant Desperation Blues qu'on comprend pourquoi Trouble In Eden était tellement attendu.


   Au fur et à mesure des découvertes, on commence à connaitre la chanson, je suis sûr que vous la connaissez aussi bien que moi : on se promène sur Youtube ou sur Bandcamp et de temps à autre on tombe sur un truc sympa, de temps en temps sur un truc vraiment sympa et parfois on pose le pied sur une mine qui vous explose à la gueule et vous catapulte à l'autre bout de la planète, en l’occurrence à San Jose, Californie.

   Pour des types "déséspérés", le quatuor de Zed est sacrément en forme : suintant le rock bien gras par toutes les notes, l'album est un hommage à la fureur et au bruit. On éprouve un sorte de d'excitation féroce à écouter le groupe enchaîner joyeusement les morceaux et les riffs bien furieux, notamment sur la première partie de l'album ('Please', 'Skin and bones', 'Killing machine' et plus loin, 'More'). Même si le groupe sait nous faire profiter des quelques phases plus calmes, touchée par la grâce du Blues et chargées d'une touche de Led Zep ('Crawl back to you', 'Rain'), même si le rythme peut parfois se ralentir (un peu), le tout laisse quand même la place d'honneur à la fureur du Rock et au riffs rageurs qui font le bonheur des amateurs de Stoner ('Desperation Blues', 'The Empty Quarter - Settle the Score', 'The River'). Le tout est de plus poussé par la voix de Pete Sattari qui semble à l'aise partout où elle va, surtout lorsqu'il s'agit d'y aller à plein poumons.

Que faut-il en retenir ?


   Ayant connus le groupe par l'intermédiaire de "Trouble In Eden" sortis trois ans plus tard et ayant fait une petite recherche rapide sur l'album, je me suis demandé ce qui avait déclenché cette attente chez les fans du groupes et j'ai vite compris pourquoi "Desperation Blues" en était la cause. Chargé d'énergie brute, véhiculée autant par les instruments que par  la voix, l'album tire son épingle du jeu en évitant de tomber dans le piège de l'uniformité, et ainsi de rejoindre cette liste bien trop longue d'albums qui ne sont que des blocs de bruit pur, suivants d'un bout à l'autre la même recette à en être lassant et qu'on écoute en se demandant, après coup, où s'arrête un morceau et ou commence le suivant. Posé bien à sa place au milieu de l'album, 'Crawl Back to You', ainsi que les diverses variations musicales disséminées au fils des chansons, offre un moment de repos salvateur à l'auditeur qui ne profitera que mieux du reste des morceaux. En résumé, que ce soit pour vous dissoudre dans le whisky un samedi soir ou égayer votre café du lundi matin, "Desperation Blues" fait le taf' et il le fait bien !


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En me promenant sur Bandcamp, voilà que je tombe sur un groupe nommé Dvne qui venait tout juste de publier leur nouvelle album ‘Asheran’. Leur description faisant référence à un concept album mélangeant des thématiques SiFi et environnementales, il en fallut pas plus pour m’inciter à appuyer sur le bouton Lecture.

Asheran, une épopée musicale moderne


Dès les premières notes de The Crimson Path le voyage commence. Un accord accrocheur à la basse de la part d’Allan Patterson, une mélodie entêtante qui se déploie jusqu’au premier gros break, l’évasion est là. Un trait original du groupe est la présence de deux chanteurs : Dan Barter pour les growls et Victor Vicart pour la voix claire. L’alternance ou l’union de ces deux chanteurs enrichit les différentes séquences que le groupe déploie tout au long du titre. Si l’on souhaite discuter des influences, Mastodon et Elder sont là et s’entendent  mais Dvne laisse déjà entrevoir son style. Juste le riff d’ouverture et de clôture de The  Crimson Path est le foie gras de qualité servi en apéritif qui donne plus qu’envie de poursuivre le voyage.
Viridian Bloom est calme. De l’eau, une ambiance post rock Un morceau représentant un peu l’espoir et  tout sorte de sentiments positifs. Enfin jusqu’à l’arrivée des growls de Dan qui est là pour réveiller l’auditeur qui se serait un peu trop égaré dans ses rêveries. 
Viridian Bloom s’emballe, change de caractère, devient plus dur, plus métallique. Le titre qui va servir de tremplin au morceau suivant Thirst.
Car Thirst est brutal. Très. Growl puissant, tempo super rapide Dvne ne fait pas dans la dentelle dans ce morceau Mention spécial au batteur Dudley Tait, qui démarre en trombe le morceau avec des blasts beats que l’on retrouverait plutôt dans le black métal. Ce morceau est un peu le miroir inversé du titre précédent, la violence du morceau a englouti les éléments calmes entrevus dans Viridian Bloom, Dan est plus en devant que Victor. Mais l’apaisement revient  dès la moitié du morceau comme le calme au milieu tempête et nous permet de reprendre son souffle même si cela ne sera que de courte durée.

Notre périple se poursuit avec Descent of the Asheran et Sunsets Grace. Les deux titres ont une ambiance post rock plus affirmée que sur les autres morceaux de l’album .Les guitares sont aériennes et célestes seulement contrebalancées par la lourdeur et le découpage effectuée par la partie rythmique. Au niveau des différences, Descent of the Asheran se voit équiper d’une guitare acoustique et une atmosphère qui évoque une prière d’abord racontait par Victor puis qui se voit rejoint  par Dan, les deux entités du Ying et Yang s’unissant pour renforcer leur clameur. Sunsets Grace est plus lent, plus léger et seulement instrumental, une promenade envoutante.Cependant la noirceur revient avec Rite Of Seven Mournings. Des riffs dooms éparpillés ici et là, Dan et Victor s’époumonant, il s’agit probablement du titre le plus sombre et lourd de l’album.Edenfall est plus contemplatif et combatif, la voix claire de Victor se faisant accompagné au chant par Jenni Sneddon, leurs voix s’unissant pour lutter contre les growls noirs de Dan.
L’orgie musicale a un synonyme :
Scion.  Le morceau progressif par excellence, dense et complexe à analyser tellement les gars de Dvne sont insaisissables. C’est peut-être cela le style Dvne justement, changer  souvent de séquences et de styles qu’il en est superflu à vouloir découper, disséquer les titres et qu’on devrait mieux se laisser porter par les compteurs écossais.

Que faut-il en retenir ? 



Après une heure, nous voilà sorti de l’odyssée musicale proposé par Dvne. Les écossais ont sublimés le talent entrevus lors des précédents albums  et ont pris le pari de sortir ‘Asheran’ en 2017 en même temps que deux monstres du genre. Pari gagnant car en trouvant le dernier Elder un peu boursoufflé et un Mastodon en deçà de leurs anciens albums,  Dvne débarque dans l’arène  avec un album concept exécuté d’une main de maitre et montre qu’il faudra désormais  compter sur eux.

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“Just 3 rockin' dudes that are into psychedelic freak outs, good times and loud amps”: c’est la description qu’on peut lire sur la page bandcamp de The Acid Guide Service. Et je peux vous dire qu’après l’écoute de cet album, la description colle parfaitement au groupe ! Ne vous détrompez pas, il ne s’agit pas du 11e album du groupe comme on peut le penser au début ; mais plutôt une référence au 11e cran (imaginaire) du potentiomètre volume d’ampli de guitare. Et là encore, ça colle pltôt bien à cet album qui s’écoute à fort niveau sonore !

« Vol 11 », du riff en veux-tu en voilà !


Avec "Vol.11", le groupe venu de l’Idaho nous montre toute l’étendue de leur talent quant au mélange des styles que contient ce premier album. The Acid Guide Service à l’air de suivre la règle suivante : faire des gros riffs. Mais attention, résumer "Vol.11" à des gros riffs peut être un peu réducteur puisque l’album contient aussi des solos de guitare très efficaces pour vous faire bouger. On peut aussi déceler le plaisir qu’à le batteur du groupe à matraquer ses fûts ; ce qui renforce le son du groupe. Clairement, on sent que les gars s’amusent sur cet album et ça se transmet facilement à qui l’écoute.

L’autre gros point fort de "Vol.11" c’est qu’il revêt une identité différentes grâce aux morceaux tous plus variés les uns des autres en flirtant fois avec le stoner, le heavy rock et aussi le doom. Au fur et à mesure que l’album avance, on passe facilement d’un style à l’autre ; si vous êtes plus doom vous apprécierez aisément le titre ‘Black Leather Jesus’. Vous êtes plutôt stoner rock ? Pas de soucis, vous avez d’excellents titres comme ‘Dude Rockin’ ou bien ‘Rock n’ Roll (Is The Drug I’m On)’. The Acid Guide Service arrive aussi à distiller dans sa musique un petit côté groovy qui est des plus plaisant et qui rend cet album vraiment agréable à écouter.

Que faut-il en retenir ?


"Vol.11" est donc un album qui devrait plaire à tout fan de stoner et de ses dérivés. Avec ses titres variés, chaque auditeur devrait y trouver son compte, et c’est dans doute ça le plus important. Pour ma part, j’ai grandement apprécié les riffs très efficaces mais aussi ce côté groovy qui se colle à quasiment chaque titre. Au final, c’est le genre d’album qu’on peut facilement mettre lors d’un barbecue entre amis par une journée bien ensoleillée ; et ce même si les amis en question ne sont pas très branchés stoner !

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   Nous arrivant tout droit de L'Illinois et des années 70, The Judge nous sort dans la chaleur de l'été (tu parles, il fait un temps à chier, oui !) son nouvel album :"Tell It To The Judge". Après un EP d'excellente qualité sortis il y trois ans, sobrement intitulé "The Judge" et orné d'une pochette dessinée à la main, c'est cette fois sous le label Ripple Music que le quatuor refait son apparition.

Tell It To The Judge n'aura pas à implorer la clémence du juge, les jurés sont déjà conquis !


   Si ce nouvel opus, autant que son prédécesseur, a les racines plantées bien solidement dans les années 70, ce qui tendrait à le classer dans le Revival ou à le décrire comme "vintage", mais ce n'est certainement pas avec quelque mots dans ce goût-là que vous réussirez à résumer ce que vous entendrez une fois l'écoute lancée. L'album est certes aussi revival et vintage qu'il est possible de l'être mais il est beaucoup plus que ça. Selon le moment ou vous trouverez sur l'album, vous capterez des notes, savamment distillées dans le tout, qui vous rappellerons tour à tour, Black Sabbath, Led Zeppelin, ZZtop et probablement bien d'autres que vous connaissez mieux que moi.

   Le son de l'album est un bijou d'harmonie et de précision. Les rythmes, variant au fils des chansons, sont portées par une section rythmique (Kevin Jones à la basse et Evan Anderson à la batterie, histoire de faire les présentations) on ne peut plus au point qui accroche irrésistiblement l'oreille. La guitare de Dylan Jarett quand à elle est aussi à l'aise dans les solos cristallins que dans les riffs rythmiques plus lourds. Certains passages sont de plus enrobées à la pédale wah-wah, laquelle parvient à se faire sa place sans trop en faire. Mais l'un des atouts majeurs du groupe est selon moi la voix de Tyler Swope : claire, confiante, n'ayant nullement besoin de se transformer en cris pour se faire entendre ni pour rester dans le ton, elle ne s'égare jamais en route et s'harmonise parfaitement avec l'ambiance de l'album.

Que faut-il en retenir ?


   "Tell It To The Judge" fait partie de ces albums qu'il est difficile de détailler sans pondre un roman et tout aussi difficile à résumer sans penser que ce qu'on en a dit est insuffisant, mais c'est incontestablement une réussite, dont le son, travaillé de façon précise et harmonieuse pose une ambiance inimitable, surtout en ce qui concerne l’authenticité et l'énergie que le groupe parvient à véhiculer. Ajouter cela à une partie instrumentale excellente et une voix claire, puissante et toujours à sa place et vous tenez une des meilleurs albums de Revival qu'il m'ait été donné d'entendre depuis longtemps.

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Des profondeurs de la Tamise  voici qu’émerge Poseidon. Le combo londonien vient de sortir chez Ripple leur premier LP intelligemment nomme Prologue, une originalité de la part du label américain car Poseidon ne sévit pas dans le desert rock pour lequel le label est spécialisé mais plutôt dans un doom lourd et progressif.

Prologue, une introduction Heavy captivante


The Beginning, the End, the Colony démarre, après trois minutes,  par un son doom plutôt classique, le son est lourd mais pas écrasant. Puis Matthew Bunkell , le bassiste arrive avec sa voix claire et là le morceau prend toute son originalité. On est dans un mélange de lourdeur et de légèreté, les grattes faisant le pont entre la partie rythmique massive et les envolées lyriques de Matthew.

Autre morceau plus classique est Chainbreaker. On est un peu à mi-chemin de ce que pourrait être un mélange de Sunnauta et de Monolord : la voix éthérée, les riffs de taureaux de Matt Norris et Jamie Starke, Raza Khan le batteur qui découpe le morceau chaque fois qu’il décide de s’énerver sur ses toms. Pour faire simple le fuzz dégouline des enceintes inondant nos tympans pour notre plus grand plaisir.
‘Prologue’ n’est vraiment pas un album doom comme les autres, et le morceau Mother Mary  est ici pour le montrer. Le groupe se pose, sort sa guitare acoustique pour emmener l’auditeur sur une berge calme entre deux tempêtes sonores que sont The Beginning et Chainbreaker. Le morceau est bien construit et prend même le temps de déployer quelques notes mélancoliques au piano. Mais le morceau le plus abouti est sûrement Omega du haut de ses 16 minutes. Un conteur est présent au début du titre pour mettre en place l’atmosphère et qui, petit à petit, se fait remplacer par  les riffs du duo de guitaristes. Ce morceau est un voyage en pleine mer, Poseidon nous transportant selon ses envies, de mer calme en tempête furieuse, notre frêle esquif est ainsi balloté dans tous les sens. Un chef d’œuvre de perdition.

Que faut il en retenir


Si Omega est le titre qui clôt l’album, Poseidon n’en a pas terminé avec nous car comme l’intitulé de l’album l’indique, ‘Prologue’ n’est que le commencement d’une odyssée homérique que les britanniques veulent développer dans leurs prochains opus. Le voyage dans les mers du riff ne fait que de commencer.

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Le bonheur tient à peu de choses. En l’occurrence, ici, le bonheur se trouve être de retour de vacances, de fouiner sur Bandcamp et de tomber sur une pépite. Vous savez, le genre de pépite dont on tombe instantanément amoureux pour peu qu’on aime déjà le genre musical. « Starsplit » est un split entre deux groupes allemands que sont Cosmic Fall et Aphodyl. Je vais être franc avec vous en vous disant que je connaissais vaguement le premier et que le deuxième m’étais totalement inconnu jusqu’à l’écoute de cette collaboration. Et quelle collaboration...

« Starsplit », une invitation pour un grand voyage au cœur du psychédélisme


« Starsplit » c’est avant tout une jaquette accrocheuse, aguicheuse et sans-chichi pour l’homme que je suis : ça parle de voyage spatial et donc j’avais déjà l’eau à la bouche dès le premier regard. Deuxio, là où j’ai su que j’allais dans une valeur sûre, c’est quand j’ai regardé la durée des titres qui excède tout le temps la dizaine de minutes. La durée minimale pour bien se mettre en condition du grand voyage qui s’annonce. Les deux premiers jams – ‘Overhead Intelligence’ et ‘Blues at CME’ - sont de Cosmic Fall qui n’y va pas par quatre chemins pour vous arracher de la surface de la Terre. A grands renforts de lignes de basses lancinantes, de fuzz et de wah-wah, le groupe parvient à vous propulser dans l’immensité intersidérale. Là-haut, on se laisse bercer par la musique qui sait surprendre son auditeur par des changements de rythme ou bien plus simplement en balançant un solo de guitare pile au bon moment pour magnifier ce voyage. Difficile pour moi d’en dire plus puisque c’est typiquement le genre de musique qui peut parler aux uns et pas du tout aux autres.

La seconde partie du split, qui se constitue de deux jams intitulés simplement ‘Jam 1’ et ‘Jam 2’ composés par Aphodyl, se montre d’autant plus surprenante. La première chose qui frappe c’est le côté psychédélique très différent de la première partie puisqu’il se montre beaucoup plus terrien, plus dur en somme et quelque peu perturbant. Ici on évolue clairement dans l’improvisation la plus totale avec des claviers, des solos de guitare qui vont et viennent et des interludes qui se montrent très étranges. On est ici en présence dans une sorte de rock psyché à tendance garage avec des sons inhabituels. J’ai toujours un peu plus de mal avec ce type de rock psychédélique, mais à ma plus grande surprise, plutôt que d'arrêter d'écouter, ca m'a rendu curieux, comme si j'avais le besoin d'aller jusqu'au bout de ces jams. Au final, après plusieurs écoutes, on se laisse facilement guider et surprendre par la musique qui sait toujours se montrer imprévisible.

Que faut-il en retenir ?


Avec « Starsplit » vous êtes en présence d’un album ayant deux conceptions distinctes du psychédélisme. Pour Cosmic Fall, c’est avant tout vous faire voyager dans l’immensité spatiale à la recherche des astres. Vous savez, comme quand pendant les nuits d’été on se prend à regarder la voute céleste et s’imaginer de se rendre sur l’une des planètes qui nous entourent ou bien tout simplement voguer à travers d'autres galaxies. Cosmic Fall y arrive à merveille. Aphoxyl, lui va plus faire dans la tendance psychédélique pure et dure. Comme si vous arriviez à destination de votre voyage spatial, sur une planète inconnue mais dont l’air est comme empli de LSD. Vous allez devoir vous perdre dans les méandres des jams pour tenter d’en ressortir indemne. « Starpslit » est l’une de ces très bonnes surprises de l’été, un album qui laisse votre imagination jouer avec la musique et ce, pour notre plus grand plaisir. Je ne peux que vous recommander de vous lancer dans ce grand voyage...

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Est-il utile de présenter Sasquatch ? Je pense que non, mais si toi qui nous lis ne le connais pas, je te conseille chaudement d’aller te renseigner sur ce groupe californien qui met le feu à la scène stoner depuis un peu plus d’une décennie maintenant. Il nous aura fallu attendre près de quatre années pour poser nos tympans – ou ce qu’il en reste – sur ce nouveau cru qui s’intitule « Maneuvers » (et non « V » comme on aurait pu le penser !). L’album a été annoncé une semaine avant sa sortie pour secouer la scène du stoner, et bordel, elle a du être secouée à 9/10 sur l'échelle de Richter vu qu'Egypt sortait son dernier cru le même jour ! Malheureusement pour nous, on ne peut pas sortir deux chroniques le même jour donc il a fallu s'adapter ! 

« Maneuvers », un album qui ouvre la voie vers de nouveaux horizons musicaux pour le groupe


Sasquatch est de retour et c’est pour casser la baraque, tout en vous proposant une approche sonore quelque peu différente des albums précédent. Ça démarre très fort avec le titre ‘Rational Woman’ qui dévaste tout ce qui bouge à grand coup de riffs ravageurs. Pendant quelques instants, je me suis imaginé ce que peut donner ce morceau en concert… je pense que ça risque de transporter les foules dans un état de « pogo-attitude » dès les premières secondes ! On retrouve la voix très accrocheuse de Keith Gibbs, la basse présente de Jason Casanova et un nouveau batteur, Craig Riggs, qui frappe comme un sourd. Ca s’enchaine comme il faut avec ‘More Than You’ll Ever Be’ qui reste tout aussi énergique et dans la trempe du premier titre et en somme de l’identité que s’est construit le groupe sur sa décennie d’existence.

Pourtant, n’allez pas croire que le groupe surfe sur ses acquis et propose un album classique. Lorsqu’on arrive à la quatrième piste qui s’intitule ‘Bringing Me Down’, on voit que Sasquatch fait sa mue avec un son qui se veut curieusement plus proche de Soundgarden. Même si je ne suis pas fan de ces derniers, Sasquatch y arrive plutôt bien au niveau des sonorités même si ce n’est pas un son que j’affectionne particulièrement. La qualité des pistes restantes est tout aussi bonne ; mention spéciale à la chanson ‘Anyway’ qui me voit chanter son refrain à tue-tête au bout de la deuxième écoute. Oh et on oublie le morceau de dix-sept secondes ‘Lude’ intégralement au clavier et qui sert d’introduction à l’excellente piste de fermeture ‘Window Pain’. Une piste avec un clavier très présent qui donne une petite touche de mélancolie au titre jusqu’au moment où les riffs de guitare reprennent le dessus le temps d’un refrain.

Que faut-il en retenir ?


« Maneuvers » est vraiment un album où le groupe cherche de nouvelles sonorités sans doute pour donner un nouveau souffle au groupe. Et on peut dire que le pari est réussi ! Alors, certes ça déménage un peu moins que sur certains de leurs précédents albums, mais on ne peut qu’encourager le groupe à explorer de nouveaux horizons musicaux. Maintenant après plusieurs écoutes du disque, je comprends bien mieux le titre « Maneuvers » au lieu de « V » comme on aurait pu le penser. Un album qui risque de se retrouver dans beaucoup de tops de l’année 2017 !

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De temps à autres l’univers décide de te faire un cadeau, un peu comme le 20 juin quand Sasquatch et Egypt ont sortis leur dernier opus en même temps. Branle-bas de combat dans l’état-major de la Planète et réunion crise afin de se départager les deux pépites. Après moults tractations, débat houleux et bières consommés, j’ai accepté la mission donnée par le capitaine : l’Egypt s’ouvrait à moi.

Crack and Lines où quand Egypt joue aux explorateurs


On démarre avec Final heist et son Stoner typé sludge, groovy à souhait. Ce morceau sonne un peu comme un mec bien vénère mais trop écrasé par la canicule pour faire quoique ce soit. Assurément un titre pour festival estival ! 11 minutes pour Crack and Lines ou le synonyme du voyage pour le titre éponyme de l’album. Son ouverture 70’s, une mélodie accrocheuse. Tout y est. On passe des moments énervé à d’autres bien plus aériens avant que Aaron nous recloue au sol s’écorchant les poumons. Typiquement le type de morceau où on sait comme ça commence mais pas comment ça se termine. Pour se remettre de ses émotions le groupe a concocté le bluesy Dirge. C’est la redescente, le groupe ramène doucement le stonerhead parti un peu trop loin.

Les américains semblent avoir un penchant pour les reprises car après avoir été annoncé dans la short list de groupes participant à un album tribute de Thin Lizzy, les gars ont décidé à s’attaquer à Kiss et à son Watchin you. Comme décrire ce morceau sinon qu’il donne l’effet que Kiss se serait attardé trop longtemps chez KFC et aurait décidé de faire tremper leur instrument dans la friteuse. Un morceau qui sera dans les sets listes espère-t-on, tellement on a hâte de prendre une dose de cholestérol de cette qualité. Pour la dernière piste, on reprend le voyage. Pas dans la fusée contrairement à d’habitude mais le bateau. Oui oui le truc en bois avec une voile. C’est l’invitation que nous offre Egypt avec son What lights the Ocean. Les riffs pleins de réverbs qui semblent venir du fond de l’océan, le calme de la batterie ressemblant à un ciel étoilé et la basse contant cette histoire. En bref un voyage mystique pour ce morceau intense dont je ne veux pas voir la fin.

Que faut-il en retenir ?


Un an et demi après la sortie de leur dernier opus, ‘Endless Flight’, Egypt démontre à nouveau qu’il est l’un des cadors de cette scène avec ce ‘Crack and Lines’ et ce même si la  concurrence qualitatives des autres groupes est rude en cet an 2017.

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Le Mans. Une ville connue pour son légendaire circuit automobile dont la compétition « Les 24H du Mans » va se dérouler dans une dizaine de jours. Les moteurs vont vrombir, les voitures faire des dizaines et des dizaines de tours de piste tout en avalant le goudron à forte vitesse. Le Mans est réputé pour sa passion de l’automobile et de la vitesse ; on pourrait peut-être voir si elle détient aussi un record de nombre de groupe de métal jouant à toute vitesse ? Mais au lieu de faire dans le cliché de la ville, les gars de Stone From The Sky font plutôt dans le heavy-psych bien perché avec leur premier album qui s’intitule « Fuck the Sun ». Et je vous le dis dès maintenant : « c’est d’la bombe baby ».

« Fuck The Sun », du space-rock très efficace pour vous envoyer loin dans l’immensité de l’Univers !


Si vous suivez mes chroniques, vous savez que j’affectionne les groupes qui savent bien mélanger la musique psychédélique « aérienne » et des riffs qui vous accrochent au sol. Et bien dans ce domaine, on peut dire que les manceaux de Stone From The Sky ont parfaitement bien compris la recette. Le titre qui ouvre l’album est parfaitement représentatif de cette recette de grand-mère bien connue de tous : on commence en douceur avec des notes astrales avant de balancer des riffs saupoudrés d’une couche de fuzz. En dehors de ces ingrédients populaires, il y a un petit côté mystique qui se glisse de temps à autre ; alors je ne sais pas si c’est à cause des émanations de l’encens que j’ai allumé depuis plusieurs minutes, mais le titre ‘Welcome to Trantor’ m’a mis dans la tête – pendant quelques instants – des pensées d’ordre religieux ou philosophique… sans doute à cause du début du titre qui pose et qui fascine par la même occasion !

Mais je suis encore dans l’obligation de vous parler de ces phases aériennes et reposantes pour qui l’écoute, surtout après une journée de boulot. On ne peut qu’apprécier ces phases qui sont vraiment très agréables à écouter et à s’y abandonner. Celle du titre ‘Eyelovashaggs’ en est sans doute le meilleur exemple : les notes défilent tranquillement et vous berce de leur étreinte avant de s’accélérer et de laisser place à un retour sur Terre avec des riffs qui vous accrochent jusqu’à vous enfoncer dans le sol. Alors certes, dans le heavy-psych cette technique est répandue, mais ici elle est vraiment exécutée d’une belle manière qu’on se laisse prendre au jeu facilement et que l’auditeur se laisser entrainer au rythme de chacun des morceaux.

Que faut-il en retenir ?


J’aimais Le Mans pour ses rillettes. Maintenant je le l’aime pour Stone From The Sky qui fait ses débuts avec un album classique pour certains ; mais on ne peut pas nier l’excellent travail accompli sur « Fuck the Sun ». Un album qui mérite toute votre attention si, comme moi, vous êtes fan de heavy-psych. On a très hâte de pouvoir les voir en concert et il parait qu’ils vont trainer dans ma zone angevine à la fin du mois… Le rendez-vous avec les étoiles est déjà pris pour ma part ! 

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Le stoner était surtout à l’origine des groupes d’ados qui pour chasser leur ennuis jouaient à fond dans le garage de leurs parents, essayant de copier les groupes punk dont ils étaient fan. C’est un peu au commencement du genre, dans ce côté do it yourself que nous emmène le groupe de ce soir : Container.

Moutains of Gaia ou un retour aux sources du stoner


Le punk est à l’honneur, des morceaux comme Backstabber et son énergie crue ou Spin Off vont vous donner envie de tout péter autour de vous. Je ne suis pas un grand aficionados en temps normal du genre mais ici il faut dire que le groupe sait ce qu’il fait. La rage que peut déployer ce groupe s’exprime surtout dans le chant écorché de Daan le chanteur qui par sa voix cassée envoie tout balader. 
Mais Container, c’est aussi du bon vieux garage rock comme on les aime. Damage Control avec sa ligne de basse ou White Parade en sont peut-être les titres les plus représentatifs. Le groupe ralentit, arrondis ses angles afin de proposer une musique plus riche à l’auditeur. Le meilleur morceau, qui marquerait le style Container serait Milestone. Ici le groupe alterne entre basse furieuse, scremo punk et riffs épiques.

On garde le meilleur pour la fin avec les titres les plus originaux de ‘Mountains of Gaia’.
Circus avec son thème de cirque glaçant voir horrifique. L’ambiance glauque, digne d’un film d’épouvante est brisé par Evrin et sa batterie furieuse puis par la basse tranchante de Boudewijn.
Le titre éponyme de l’album est comme souvent le titre le plus abouti. Un morceau plus long dans lequel on passe facilement de moments aériens, saupoudré de breaks, à des moments plus costauds. Il est d’ailleurs compliquer de décrire ce morceau tellement les influences qui le parsème sont multiples (garage rock, punk, stoner mais aussi heavy metal..). D’ailleurs c’est le riff de 5:00 qui m’a conquis, de la crème qui s’étale sur le reste de la piste.
Enfin on clôt le voyage avec Challenger, le morceau le plus planant, le Space Cadet de Container. Les gars montrent qu’ils peuvent nous faire planer et nous rappeler pourquoi on s’appelle la Planète du Stoner.

Que faut-il en retenir ?


C’est un retour aux sources plaisant que nous propose Container avec ce ‘Mountain of Gaia’. Les fans de punks seront conquis quand aux stonerheards les néerlandais leur permettent de renouer avec un passé qui n’est pas si lointain.

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Cela faisait longtemps que je n’avais pas fait le déplacement jusqu'à Nantes pour faire un concert ; alors quand on apprend que les allemands de Samsara Blues Experiment sont dans la région, on n’hésite pas à faire une centaine de bornes pour aller les voir et les écouter. La dernière fois que j’ai pu les voir, c’était au Hellfest en 2015 mais gros festival oblige, le groupe n’avait pas joué plus de quarante minutes. Un comble quand on connait SBE avec ses morceaux à rallonge qui peuvent durer plusieurs dizaines de minutes pour certains. Ce concert au Ferrailleur de Nantes était donc un immanquable pour vivre une véritable expérience musicale ; et je peux vous dire que plus de vingt-quatre heures après je ne suis toujours pas redescendu du nuage sur lequel le groupe m’a envoyé.

La soirée commence avec le groupe finlandais Kaleidobolt qui évolue dans du hard rock à la sauce années 1970 sur fond de gros solos qui partent dans tous les sens. Bon, pour être honnête avec vous, on est arrivé sur la fin de ce groupe ce qui explique sûrement le fait qu’on a eu du mal à rentrer dedans. Ca bougeait bien, c’était énergique, mais pour ma part ça partait parfois un peu dans la surenchère de solos interminables avec des cassures dans le rythme de temps à autre ce qui gênait un peu l’immersion. Néanmoins, ça m’a permis de découvrir ce groupe que je ne connaissais pas du tout et auquel je prêterai une oreille beaucoup plus attentive afin de les découvrir davantage. Peut-être que cet avis mitigé est en lien avec le fait que j’attendais énormément de SBE qui n’évolue pas dans la même cour que ces finlandais !





Le temps que Samsara Blues Experiment s’installe sur scène derrière un rideau qui laisse monter l’envie de les voir enfin jouer, on en profite pour se prendre une bière et discuter un peu. Une dizaine de minute plus tard, le rideau s’ouvre et on aperçoit le trio berlinois emmené par Christian Peters à la guitare et au chant ; Hans Eiselt à la basse et Thomas Vedder à la batterie. Sans vraiment savoir pourquoi, dès le début du set je sens comme une sensation de bien-être qui se confirme lorsque les premières notes se font entendre. Le groupe démarre avec le titre Vipassana issu du dernier album « One With The Universe » ce qui pose tout de suite l’ambiance et permet à chacun dans la salle de se préparer à vivre une véritable expérience. L’une des bonnes surprises de ce set, c’est que le groupe ne joue pas uniquement les titres de leur dernier cru, mais alterne avec ceux issus des albums précédents et on sent que ça monte en puissance au fur et à mesure que les titres s’enchainent.

Cet état [second] arrive à son paroxysme lorsque le groupe joue le titre Double Freedom issu de « Long Distance Trip ».

Si je devais parfois revenir à moi pour prendre quelques photos et vidéos de temps à autre, je peux vous assurer que SBE a cette faculté à vous mettre dans un état second pour peu qu’on arrive à se focaliser sur la musique. Lorsqu’on est dans cette phase, c’est comme si qu’on perdait toute notion du temps ou bien du nombre de décibels que vos tympans encaissent pendant toute la durée du concert. Cet état arrive à son paroxysme lorsque le groupe joue le titre Double Freedom issu de « Long Distance Trip » ; je me suis surpris à chanter les paroles du morceau tandis que mon corps bougeait paisiblement au gré des accords de guitare et de cette basse qui vous berce tranquillement. Après un set de deux heures et un rappel en bonne et due forme, le groupe quitte la scène pour de bon alors que la plupart d’entre nous étaient encore « sous le choc » de cette prestation qui, pour ma part, restera l’une des plus mémorables qu’il m’ait été donné de faire.

Pour conclure, je pense que Samsara Blues Experiment fait partie de ces groupes qu'il faut impérativement voir en concert pour vivre quelque chose de particulier. A la fin du concert, j'ai entendu une spectatrice dire que pour elle « c'est comme de la méditation », je pense que ça été plus ou moins le cas pour les personnes présentes au Ferrailleur. En somme, la musique du groupe est tout simplement sublimée en concert. Pour ma part, je vous conseille de ne pas les louper si vous avez la possibilité de les voir près de chez vous, vous ne le regretterez pour le moins du monde de vivre une telle expérience musicale…











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