Cela faisait longtemps que je n’avais pas fait le déplacement jusqu'à Nantes pour faire un concert ; alors quand on apprend que les allemands de Samsara Blues Experiment sont dans la région, on n’hésite pas à faire une centaine de bornes pour aller les voir et les écouter. La dernière fois que j’ai pu les voir, c’était au Hellfest en 2015 mais gros festival oblige, le groupe n’avait pas joué plus de quarante minutes. Un comble quand on connait SBE avec ses morceaux à rallonge qui peuvent durer plusieurs dizaines de minutes pour certains. Ce concert au Ferrailleur de Nantes était donc un immanquable pour vivre une véritable expérience musicale ; et je peux vous dire que plus de vingt-quatre heures après je ne suis toujours pas redescendu du nuage sur lequel le groupe m’a envoyé.

La soirée commence avec le groupe finlandais Kaleidobolt qui évolue dans du hard rock à la sauce années 1970 sur fond de gros solos qui partent dans tous les sens. Bon, pour être honnête avec vous, on est arrivé sur la fin de ce groupe ce qui explique sûrement le fait qu’on a eu du mal à rentrer dedans. Ca bougeait bien, c’était énergique, mais pour ma part ça partait parfois un peu dans la surenchère de solos interminables avec des cassures dans le rythme de temps à autre ce qui gênait un peu l’immersion. Néanmoins, ça m’a permis de découvrir ce groupe que je ne connaissais pas du tout et auquel je prêterai une oreille beaucoup plus attentive afin de les découvrir davantage. Peut-être que cet avis mitigé est en lien avec le fait que j’attendais énormément de SBE qui n’évolue pas dans la même cour que ces finlandais !





Le temps que Samsara Blues Experiment s’installe sur scène derrière un rideau qui laisse monter l’envie de les voir enfin jouer, on en profite pour se prendre une bière et discuter un peu. Une dizaine de minute plus tard, le rideau s’ouvre et on aperçoit le trio berlinois emmené par Christian Peters à la guitare et au chant ; Hans Eiselt à la basse et Thomas Vedder à la batterie. Sans vraiment savoir pourquoi, dès le début du set je sens comme une sensation de bien-être qui se confirme lorsque les premières notes se font entendre. Le groupe démarre avec le titre Vipassana issu du dernier album « One With The Universe » ce qui pose tout de suite l’ambiance et permet à chacun dans la salle de se préparer à vivre une véritable expérience. L’une des bonnes surprises de ce set, c’est que le groupe ne joue pas uniquement les titres de leur dernier cru, mais alterne avec ceux issus des albums précédents et on sent que ça monte en puissance au fur et à mesure que les titres s’enchainent.

Cet état [second] arrive à son paroxysme lorsque le groupe joue le titre Double Freedom issu de « Long Distance Trip ».

Si je devais parfois revenir à moi pour prendre quelques photos et vidéos de temps à autre, je peux vous assurer que SBE a cette faculté à vous mettre dans un état second pour peu qu’on arrive à se focaliser sur la musique. Lorsqu’on est dans cette phase, c’est comme si qu’on perdait toute notion du temps ou bien du nombre de décibels que vos tympans encaissent pendant toute la durée du concert. Cet état arrive à son paroxysme lorsque le groupe joue le titre Double Freedom issu de « Long Distance Trip » ; je me suis surpris à chanter les paroles du morceau tandis que mon corps bougeait paisiblement au gré des accords de guitare et de cette basse qui vous berce tranquillement. Après un set de deux heures et un rappel en bonne et due forme, le groupe quitte la scène pour de bon alors que la plupart d’entre nous étaient encore « sous le choc » de cette prestation qui, pour ma part, restera l’une des plus mémorables qu’il m’ait été donné de faire.

Pour conclure, je pense que Samsara Blues Experiment fait partie de ces groupes qu'il faut impérativement voir en concert pour vivre quelque chose de particulier. A la fin du concert, j'ai entendu une spectatrice dire que pour elle « c'est comme de la méditation », je pense que ça été plus ou moins le cas pour les personnes présentes au Ferrailleur. En somme, la musique du groupe est tout simplement sublimée en concert. Pour ma part, je vous conseille de ne pas les louper si vous avez la possibilité de les voir près de chez vous, vous ne le regretterez pour le moins du monde de vivre une telle expérience musicale…











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Je ne sais pas si je vous en avais déjà parlé au détour d’une chronique, mais j’éprouve une fascination pour les pays scandinaves. Depuis toujours leurs paysages m’attirent tout comme leur mode de vie. Et depuis que je me suis initié au stoner rock, il y a de cela un certain temps, j’ai pu ajouter sur ma liste « Scandinavie pour la vie <3» un certain nombre de groupes issue de cette région d’Europe du Nord ; et Stone Cadaver en fait partie depuis peu. Ils nous viennent tout droit du Danemark, et sortent en ce mois de mai 2017 leur premier album qui s’intitule « Reject Remove Replace ». Et je peux vous dire que ça envoie du lourd. Les explications dans les lignes qui suivent.

Reject Remove Replace, un album coincé dans les seventies


Dès les premières secondes d’écoute de Stone Cadaver on se sent sale, mais attention dans le bon sens du terme. En effet, ici tout sonne comme quelque chose de sec, que ce soit la guitare, la batterie ou encore cette foutue basse qui donne parfois envie de se gratter (et pourtant je vous assure que j’ai pris ma douche ce matin). Ecouter le titre ‘Sscum’ ou encore l’excellentissime ‘Hands of Death’ et vous verrez de quoi je parle. Impossible de ne pas parler de cette voix qui vient magnifier la « dirty attitude » que se donne cet album : une voix très rêche qui est sous-mixée par rapport aux instruments, mais c’est tant mieux pour nous puisque sinon on aurait très vite fait de mourir de déshydratation rapide au fur et à mesure qu’avance les minutes.

Ce qui rajoute du charme à cette production sale, c’est la composition de certains titres qui donnent tout bonnement envie de sortir son V8 5.7L Hemi diesel 2.2L pour aller faire le con sur la route, tout en respectant la sécurité de tous. Si je dis ça, c’est parce qu’on retrouve dans cet album ce côté groovy des 70’s avec des titres comme ‘Removal of the Eye’ qui sont plus efficaces que dix litres de boisson énergisante. Et à côté de ça, on trouve des titres comme ‘Death Horses’ qui fait dans le riff iommi-esque. Avec toutes ces qualités, « Reject Remove Replace » s’inscrit dans la liste des albums qui s’écoutent très facilement d’une seule traite ; où l’auditeur est vite embarqué dans les riffs, les solos et les changements de rythmes. J’en profite pour dire que la petite balade acoustique ‘Ruins in the Sand’ est tout bonnement magistrale puisqu’elle permet de se reposer entre deux titres qui décoiffent.

Que faut-il en retenir ?


Stone Cadaver balance un premier album qui, à défaut d’être révolutionnaire en surfant sur la tendance 70’s, profite tout de même d’une belle production qui va en charmer plus d’un. Alors bien entendu, si vous êtes amateurs de riffs efficaces, d’une production vieillissante et des muscle-cars, « Reject Remove Replace » devrait trouver une place de choix dans votre discothèque. Le plus grand regret qu’on puisse avoir pour le moment, c’est de ne pas pouvoir passer via Bandcamp pour acheter cet album. On vous balance donc le clip vidéo de titre ‘Sscum’ et si vous êtes intéressé par l’album, n’hésitez surtout pas à contacter le groupe via les réseaux sociaux. Sur ce, je vous laisse, j’ai ma voiture qui m’attend pour une balade endiablée avec l’album qui risque de tourner en boucle.

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La scène du heavy blues australienne a vue ces dernières années plusieurs groupes émergés, ChildElbrus ou plus récemment Kitchen Witch. Tous ces groupes démontrent la vitalité de cette scène, vitalité qui se confirme avec le premier LP intitulé ‘Number 1 Pop Hit’ des gars de Melbourne : The Ivory Elephant.

Number 1 Pop hit où le voyage entre Blues et rock Psyché


Après avoir décortiqué l’album, ce qui saute de suite à l’auditeur c’est l’amour que ces gars portent au blues et au rock psyché.
On va commencer par la racine du rock’n’roll, Ballad of Wild Bill est une ode au delta blues. Le titre est tout en langueur, comme écrasé par la chaleur du Mississippi jusqu’à ce que le guitariste décide à faire parler son talent en dynamitant le morceau de ses riffs électriques.
Ho Ha démontre une maitrise d’un blues plus moderne, avec un solo que n’aurait pas renier Gary Clark Jr. Dernier morceau plus classique avec Like a dog qui est un peu le frère jumeau de Ballad of Wild Bill, delta blues et solo étourdissant.

Autant dire que les talents des australiens n’est plus à démontrer et les différents morceaux psychédéliques parsemés dans l’album ont chacun une saveur particulière.
Number 1 pop hit, premier titre de cet album est une piste groovy assez typé fin  60’s notamment avec la basse d’Arthur Witherby, alors que We’re gonna find you tape dans le stoner tant par le ronflement dégagée par Arthur que par la guitare bourrée d’effet de Trent Sterling.  Notre style bien aimé est toujours à l’honneur via Turn up chew up, titre beaucoup plus lourd et épais que les précédents.
Fan de jam et autre moment d’impro, vous allez apprécier Ivory Them second movement mais surtout, la perle, la cerise sur le gâteau de cet album Psych jam / Captured by Confusion. Les riffs spatiaux s’enchainent, entrainant l’auditeur dans un tourbillon emmenant l’auditeur très loin, jusqu’à l’émergence des parties blues, ramenant l’auditeur peu à peu sur terre.
Let’s do this again, morceau de clôture de l’album, comme une invitation pour presser une fois de plus le bouton replay afin de se laisser gagner une fois de plus par la guitare vrombissante et l’acclamation presque divine de Trent. 

Que faut-il en retenir ?



The Ivory Elephant poursuit et complète l’aventure de cette scène heavy blues australienne et ce avec son son propre style tant ‘Number 1 Pop hit’ est riche de ses différents univers ! Un album qui sera pour sûr à ne pas oublier dans les fameuses listes de fin d’année.

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Difficile en 2016 de passer à coté de la sortie de "Fears of the dead" du groupe Duel, tant le groupe de Southern Stoner Heavy Rock avait frappé fort.  En effet, bon nombre de podcast et de chaines Youtube le classait dans leur Top 2016. Ayant moi-même adoré cet album, j'attendais avec impatience la sortie de ce nouvel opus appelé "Witchbanger". Alors est il à la hauteur du premier album ou n'était ce qu'un feu de paille? C'est-ce que nous allons voir. 


Witchbanger, ou la bande son idéale pour un road-trip sur la route 66


Autant vous spoilez la fin de suite, Duel a encore une fois réussi avec brio. Dès les premières secondes de l'album nous voilà propulsé dans un univers sentant bon l'asphalte et la bière bien fraiche. 'Devil', le premier morceau, vous colle au fond du siège de votre El Camino ( ou d'une Dodge Charger '68 pour faire plaisir à mon redac' chef bien aimé!) dans une virée à 180 km/h à travers le désert. Tom Franck, le chanteur/guitariste, nous crache son texte dans un flow sentant bon les années 70 tandis que le reste du groupe envoie un Heavy Rock '80 très groovy Ne comptez pas sur le titre éponyme 'Witchbanger' pour lever le pied de la pédale, il est taillé pour être défendu en live! Attention cependant aux dommages aux cervicales tant il invite à headbanger.  'Snake Queen', le titre suivant, nous accorde un peu de répit pour une piste plus mid tempo rappelant dans ses voix et son solo les premiers méfaits stoner de Black Sabbath. 

Le reste de l'album reste dans la même veine, les pistes se succédant aux fils des kilomètres, toutes plus efficaces les unes que les autres à grands coup de pédales Fuzz et de riffs assassins. Saluons d'ailleurs, la production de Jeff Hanson, tant elle est impeccable Petit bémol de l'album cependant la piste 'Cat's Eyes' que l'on oubliera au plus vite. L'album se conclue avec 'Tigers and Rainbow' signant la fin de notre voyage (ou notre arrestation pour conduite dangereuse) dans un solo mêlant guitare électrique et sèche dans un mariage plus qu'efficace.  L'album se termine en un peu moins de 40 minutes ce qui semble peu par rapport au reste des productions des dernières années mais au vu de l'efficacité de "Witchbanger", on peut lui pardonner ce temps relativement court. 


Que faut-il en retenir ?


Avec "Witchbanger", Duel frappe une nouvelle fois très fort là où ça fait du bien (les oreilles bien entendu). Mêlant le Heavy '80 avec le Stoner '70, cet album facile d'accès devient très vite une pépite à écouter forcement en voiture. Duel a trouvé une recette qui fonctionne à merveille en mixant leurs influences avec un rock très moderne. Mes compadres du site parlaient dans le dernier podcast (à (ré)écouter icid'albums pouvant déjà figurer dans leur top 2017, "Witchbanger" aura assurément une place dans le mien.


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Dans le dernier podcast, nous avons abordé le stoner ‘américain’. Nous avons reproché peut être une certaine facilité, ou un son que l’on retrouve trop souvent d’un groupe à l’autre. Pourtant il suffit, à l’image du groupe d’aujourd’hui, de prendre un risque, de faire transparaitre les différentes influences que le groupe a baigné pour rendre l’ensemble un peu plus ‘piquant’.
Moonbow est un groupe américain, qui vient de publier son deuxième album, ‘Warbear’, chez le label qui devient incontournable : Ripple Music.

Alone eyes est le premier titre de cet album et quelle mise en bouche !  Steve Earle le batteur frappe ses toms, telle la tempête grondant au loin, avant que la basse huileuse de Ryan McAllister rajoute une couche de graisse. Matt Bischoff arrive et sa voix détonne : à mi-chemin entre Ozzy et Marc Gaffney de Gozu.

L’esprit rock de Moonbow est représenté dans les paroles du titre éponyme de l’album ‘smoking again, drinking again’, la couleur est ici annoncé messieurs, dames !

Bloodwash s’ouvre sur une ballade bluesy. Enfin pas pour longtemps tant que Ryan  a décidé de faire parler sa basse donnant un côté Heavy rock à la suite du morceau.
Les références à Black Sabbath et au Hard Rock en général sont multiples : Death of Giants a un côté épique proche du début du Heavy Metal tout comme Sword In The Storm.  Son of Moses est une ballade rock, là où Drinking Alone est un concentré d’énergie brut

Le groupe laisse parler ses influences encore une fois avec King of California. Le morceau renvoie inévitablement à la Californie et ses groupes skate rock : rythme plus rapide, refrain entêtant, riffs mémorables tout y est. Qui plus est, avec la petite cerise sur le gâteau, le monsieur, que dis-je la légende John Garcia, en guest !

Warbear où quand les influences sont sublimés à leurs paroxysmes


Mon titre préféré est probablement The Road tellement ce titre invite au voyage au volant d’une vieille caisse à traverser le désert. La voix de Matt oscille entre puissance et ballade, David McElfresh, le guitariste, qui explose comme si on appuyait sur l’accélérateur et le morceau qui se termine au banjo comme si finalement après cette course dantesque nous avions enfin atteint notre destination.

Comme un clin d’œil au premier titre, Toward the Sun s’ouvre encore sur la basse monstrueuse de Ryan. Oui ça doit faire la troisième fois que je parle de ce gars mais bon quand on est l’ancien bassiste de Valley of the Sun  on peut dire que l’on sait délivrer des buches. Bref Toward the Sun  est un titre complet, le groupe fusionnant les différents genres entrevus dans les titres précédents.

Que faut il en retenir ? 

‘Warbear’ est vraiment la surprise de ce printemps. Apres avoir blasphémé sur le pays fondateur du stoner, Moonbow m’a rappelé qu’il ne faut jamais avoir vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué, surtout si l’animal sait envoyer des gros parpaings.

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