Le mois de septembre est synonyme de la rentrée et du début de la fin de l'été. Pour cela, après nos péripéties au coeur de la Pologne, on vous propose un podcast séance de rattrapage sur les sorties de l'été, mais surtout sur ce qui nous a plu parmi tout ce qui est sorti du mois de juillet et août.

Au programme de cette émission :



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Depuis quelques années, le Stoner européen a le vent en poupe, avec en chef de file des places fortes telles que la Grèce ou la Pologne. Cependant, des scènes émergeantes apparaissent çà et là.  Hey Satan est un groupe suisse venant de Lausanne et tente à nous montrer qu'à défaut de soleil et de désert, on peut être inspiré pour écrire un album stoner rock influencé Heavy. Alors ce premier album éponyme est-il une réussite ? C'est-ce que nous allons voir.

"HEY SATAN", une petite perle d'efficacité à découvrir d'urgence


Dès le début de l'album, Hey Satan donne le ton. "Fallon City Messiah",  la première piste, nous accueille dans une ode aux bruits et à la délectation. La reverb dans la voix et cette entrée en matière que sont les premiers mots " Brothers and Sisters", me fait  penser à une messe orgianique mélangeant les effets Fuzz typique 70's à un rock plus catchy . S'en suit , le moment fort de l'album qu'est le diptyque "legal aspect of love" et " Sunshine blues". Ces deux morceaux sont fortement inspirés par Queens Of The Stone Age époque "Rated R" et "Songs For The Deaf". " Sunshine Blues" est, d'ailleurs pour moi, LA pièce maîtresse de cet album. Une chanson à la sensualité électrique exacerbée, idéale en cette période estivale, en cas de rencontre impromptue et éphémère. Un titre que l'on réécoutera cet hiver, en repensant aux moments vécus, un sourire aux lèvres.
"In cold blood" est un titre direct, accrocheur, au chant vaporeux avec un petit solo de guitare placé en son sein, une petite merveille d'efficacité et de simplicité. "1991", cinquième piste de cet album éponyme est un enfant bâtard de stoner/métal/ blues typé années 70. L'ensemble de l'album, qui se termine par le morceau instrumental " this meat stinks, Honey !",  est très équilibré, sans aucune redondance ni temps mort,  véritable plaisir d'écoute de bout en bout.

QUE FAUT-IL EN RETENIR?


Hey Satan, nous sort pour son premier album, un album à forte teneur en ré-écoute, idéal pour se faire des souvenirs entre amis, l'été, une bière fraiche à la main. Une très belle surprise, que j'ai vraiment hâte de voir défendue en live.  Je vais éviter, dans cette conclusion, la blague éculée des petits Suisses devenant grands, mais s'ils persistent sur cette voie, les Helvètes peuvent prétendre monter haut, très haut sur la scène stoner européenne. Et c'est bien là tout le bien que je leur souhaite !

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   Nous apportant un bon morceau de leur désert californiens, les quatre mecs de Zed ne font plus figure d'inconnus et encore moins d'amateurs sur la scène du Stoner Rock depuis déjà quelques années. Doublement investis dans le milieu, car non content de faire headbanger leur public à longueur d'albums et de concerts, ils participent en 2015 à la création du San Jose Stoner Rock Fest. En 2016 ils signeront avec le label Ripple Music pour la sortie de leur album "Trouble in Eden", mais nous n'en sommes pas encore là. En 2013, Zed se faisait déjà remarquer en sortant "Desperation Blues".

C'est en découvrant Desperation Blues qu'on comprend pourquoi Trouble In Eden était tellement attendu.


   Au fur et à mesure des découvertes, on commence à connaitre la chanson, je suis sûr que vous la connaissez aussi bien que moi : on se promène sur Youtube ou sur Bandcamp et de temps à autre on tombe sur un truc sympa, de temps en temps sur un truc vraiment sympa et parfois on pose le pied sur une mine qui vous explose à la gueule et vous catapulte à l'autre bout de la planète, en l’occurrence à San Jose, Californie.

   Pour des types "déséspérés", le quatuor de Zed est sacrément en forme : suintant le rock bien gras par toutes les notes, l'album est un hommage à la fureur et au bruit. On éprouve un sorte de d'excitation féroce à écouter le groupe enchaîner joyeusement les morceaux et les riffs bien furieux, notamment sur la première partie de l'album ('Please', 'Skin and bones', 'Killing machine' et plus loin, 'More'). Même si le groupe sait nous faire profiter des quelques phases plus calmes, touchée par la grâce du Blues et chargées d'une touche de Led Zep ('Crawl back to you', 'Rain'), même si le rythme peut parfois se ralentir (un peu), le tout laisse quand même la place d'honneur à la fureur du Rock et au riffs rageurs qui font le bonheur des amateurs de Stoner ('Desperation Blues', 'The Empty Quarter - Settle the Score', 'The River'). Le tout est de plus poussé par la voix de Pete Sattari qui semble à l'aise partout où elle va, surtout lorsqu'il s'agit d'y aller à plein poumons.

Que faut-il en retenir ?


   Ayant connus le groupe par l'intermédiaire de "Trouble In Eden" sortis trois ans plus tard et ayant fait une petite recherche rapide sur l'album, je me suis demandé ce qui avait déclenché cette attente chez les fans du groupes et j'ai vite compris pourquoi "Desperation Blues" en était la cause. Chargé d'énergie brute, véhiculée autant par les instruments que par  la voix, l'album tire son épingle du jeu en évitant de tomber dans le piège de l'uniformité, et ainsi de rejoindre cette liste bien trop longue d'albums qui ne sont que des blocs de bruit pur, suivants d'un bout à l'autre la même recette à en être lassant et qu'on écoute en se demandant, après coup, où s'arrête un morceau et ou commence le suivant. Posé bien à sa place au milieu de l'album, 'Crawl Back to You', ainsi que les diverses variations musicales disséminées au fils des chansons, offre un moment de repos salvateur à l'auditeur qui ne profitera que mieux du reste des morceaux. En résumé, que ce soit pour vous dissoudre dans le whisky un samedi soir ou égayer votre café du lundi matin, "Desperation Blues" fait le taf' et il le fait bien !


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En me promenant sur Bandcamp, voilà que je tombe sur un groupe nommé Dvne qui venait tout juste de publier leur nouvelle album ‘Asheran’. Leur description faisant référence à un concept album mélangeant des thématiques SiFi et environnementales, il en fallut pas plus pour m’inciter à appuyer sur le bouton Lecture.

Asheran, une épopée musicale moderne


Dès les premières notes de The Crimson Path le voyage commence. Un accord accrocheur à la basse de la part d’Allan Patterson, une mélodie entêtante qui se déploie jusqu’au premier gros break, l’évasion est là. Un trait original du groupe est la présence de deux chanteurs : Dan Barter pour les growls et Victor Vicart pour la voix claire. L’alternance ou l’union de ces deux chanteurs enrichit les différentes séquences que le groupe déploie tout au long du titre. Si l’on souhaite discuter des influences, Mastodon et Elder sont là et s’entendent  mais Dvne laisse déjà entrevoir son style. Juste le riff d’ouverture et de clôture de The  Crimson Path est le foie gras de qualité servi en apéritif qui donne plus qu’envie de poursuivre le voyage.
Viridian Bloom est calme. De l’eau, une ambiance post rock Un morceau représentant un peu l’espoir et  tout sorte de sentiments positifs. Enfin jusqu’à l’arrivée des growls de Dan qui est là pour réveiller l’auditeur qui se serait un peu trop égaré dans ses rêveries. 
Viridian Bloom s’emballe, change de caractère, devient plus dur, plus métallique. Le titre qui va servir de tremplin au morceau suivant Thirst.
Car Thirst est brutal. Très. Growl puissant, tempo super rapide Dvne ne fait pas dans la dentelle dans ce morceau Mention spécial au batteur Dudley Tait, qui démarre en trombe le morceau avec des blasts beats que l’on retrouverait plutôt dans le black métal. Ce morceau est un peu le miroir inversé du titre précédent, la violence du morceau a englouti les éléments calmes entrevus dans Viridian Bloom, Dan est plus en devant que Victor. Mais l’apaisement revient  dès la moitié du morceau comme le calme au milieu tempête et nous permet de reprendre son souffle même si cela ne sera que de courte durée.

Notre périple se poursuit avec Descent of the Asheran et Sunsets Grace. Les deux titres ont une ambiance post rock plus affirmée que sur les autres morceaux de l’album .Les guitares sont aériennes et célestes seulement contrebalancées par la lourdeur et le découpage effectuée par la partie rythmique. Au niveau des différences, Descent of the Asheran se voit équiper d’une guitare acoustique et une atmosphère qui évoque une prière d’abord racontait par Victor puis qui se voit rejoint  par Dan, les deux entités du Ying et Yang s’unissant pour renforcer leur clameur. Sunsets Grace est plus lent, plus léger et seulement instrumental, une promenade envoutante.Cependant la noirceur revient avec Rite Of Seven Mournings. Des riffs dooms éparpillés ici et là, Dan et Victor s’époumonant, il s’agit probablement du titre le plus sombre et lourd de l’album.Edenfall est plus contemplatif et combatif, la voix claire de Victor se faisant accompagné au chant par Jenni Sneddon, leurs voix s’unissant pour lutter contre les growls noirs de Dan.
L’orgie musicale a un synonyme :
Scion.  Le morceau progressif par excellence, dense et complexe à analyser tellement les gars de Dvne sont insaisissables. C’est peut-être cela le style Dvne justement, changer  souvent de séquences et de styles qu’il en est superflu à vouloir découper, disséquer les titres et qu’on devrait mieux se laisser porter par les compteurs écossais.

Que faut-il en retenir ? 



Après une heure, nous voilà sorti de l’odyssée musicale proposé par Dvne. Les écossais ont sublimés le talent entrevus lors des précédents albums  et ont pris le pari de sortir ‘Asheran’ en 2017 en même temps que deux monstres du genre. Pari gagnant car en trouvant le dernier Elder un peu boursoufflé et un Mastodon en deçà de leurs anciens albums,  Dvne débarque dans l’arène  avec un album concept exécuté d’une main de maitre et montre qu’il faudra désormais  compter sur eux.

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“Just 3 rockin' dudes that are into psychedelic freak outs, good times and loud amps”: c’est la description qu’on peut lire sur la page bandcamp de The Acid Guide Service. Et je peux vous dire qu’après l’écoute de cet album, la description colle parfaitement au groupe ! Ne vous détrompez pas, il ne s’agit pas du 11e album du groupe comme on peut le penser au début ; mais plutôt une référence au 11e cran (imaginaire) du potentiomètre volume d’ampli de guitare. Et là encore, ça colle pltôt bien à cet album qui s’écoute à fort niveau sonore !

« Vol 11 », du riff en veux-tu en voilà !


Avec "Vol.11", le groupe venu de l’Idaho nous montre toute l’étendue de leur talent quant au mélange des styles que contient ce premier album. The Acid Guide Service à l’air de suivre la règle suivante : faire des gros riffs. Mais attention, résumer "Vol.11" à des gros riffs peut être un peu réducteur puisque l’album contient aussi des solos de guitare très efficaces pour vous faire bouger. On peut aussi déceler le plaisir qu’à le batteur du groupe à matraquer ses fûts ; ce qui renforce le son du groupe. Clairement, on sent que les gars s’amusent sur cet album et ça se transmet facilement à qui l’écoute.

L’autre gros point fort de "Vol.11" c’est qu’il revêt une identité différentes grâce aux morceaux tous plus variés les uns des autres en flirtant fois avec le stoner, le heavy rock et aussi le doom. Au fur et à mesure que l’album avance, on passe facilement d’un style à l’autre ; si vous êtes plus doom vous apprécierez aisément le titre ‘Black Leather Jesus’. Vous êtes plutôt stoner rock ? Pas de soucis, vous avez d’excellents titres comme ‘Dude Rockin’ ou bien ‘Rock n’ Roll (Is The Drug I’m On)’. The Acid Guide Service arrive aussi à distiller dans sa musique un petit côté groovy qui est des plus plaisant et qui rend cet album vraiment agréable à écouter.

Que faut-il en retenir ?


"Vol.11" est donc un album qui devrait plaire à tout fan de stoner et de ses dérivés. Avec ses titres variés, chaque auditeur devrait y trouver son compte, et c’est dans doute ça le plus important. Pour ma part, j’ai grandement apprécié les riffs très efficaces mais aussi ce côté groovy qui se colle à quasiment chaque titre. Au final, c’est le genre d’album qu’on peut facilement mettre lors d’un barbecue entre amis par une journée bien ensoleillée ; et ce même si les amis en question ne sont pas très branchés stoner !

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   Nous arrivant tout droit de L'Illinois et des années 70, The Judge nous sort dans la chaleur de l'été (tu parles, il fait un temps à chier, oui !) son nouvel album :"Tell It To The Judge". Après un EP d'excellente qualité sortis il y trois ans, sobrement intitulé "The Judge" et orné d'une pochette dessinée à la main, c'est cette fois sous le label Ripple Music que le quatuor refait son apparition.

Tell It To The Judge n'aura pas à implorer la clémence du juge, les jurés sont déjà conquis !


   Si ce nouvel opus, autant que son prédécesseur, a les racines plantées bien solidement dans les années 70, ce qui tendrait à le classer dans le Revival ou à le décrire comme "vintage", mais ce n'est certainement pas avec quelque mots dans ce goût-là que vous réussirez à résumer ce que vous entendrez une fois l'écoute lancée. L'album est certes aussi revival et vintage qu'il est possible de l'être mais il est beaucoup plus que ça. Selon le moment ou vous trouverez sur l'album, vous capterez des notes, savamment distillées dans le tout, qui vous rappellerons tour à tour, Black Sabbath, Led Zeppelin, ZZtop et probablement bien d'autres que vous connaissez mieux que moi.

   Le son de l'album est un bijou d'harmonie et de précision. Les rythmes, variant au fils des chansons, sont portées par une section rythmique (Kevin Jones à la basse et Evan Anderson à la batterie, histoire de faire les présentations) on ne peut plus au point qui accroche irrésistiblement l'oreille. La guitare de Dylan Jarett quand à elle est aussi à l'aise dans les solos cristallins que dans les riffs rythmiques plus lourds. Certains passages sont de plus enrobées à la pédale wah-wah, laquelle parvient à se faire sa place sans trop en faire. Mais l'un des atouts majeurs du groupe est selon moi la voix de Tyler Swope : claire, confiante, n'ayant nullement besoin de se transformer en cris pour se faire entendre ni pour rester dans le ton, elle ne s'égare jamais en route et s'harmonise parfaitement avec l'ambiance de l'album.

Que faut-il en retenir ?


   "Tell It To The Judge" fait partie de ces albums qu'il est difficile de détailler sans pondre un roman et tout aussi difficile à résumer sans penser que ce qu'on en a dit est insuffisant, mais c'est incontestablement une réussite, dont le son, travaillé de façon précise et harmonieuse pose une ambiance inimitable, surtout en ce qui concerne l’authenticité et l'énergie que le groupe parvient à véhiculer. Ajouter cela à une partie instrumentale excellente et une voix claire, puissante et toujours à sa place et vous tenez une des meilleurs albums de Revival qu'il m'ait été donné d'entendre depuis longtemps.

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Des profondeurs de la Tamise  voici qu’émerge Poseidon. Le combo londonien vient de sortir chez Ripple leur premier LP intelligemment nomme Prologue, une originalité de la part du label américain car Poseidon ne sévit pas dans le desert rock pour lequel le label est spécialisé mais plutôt dans un doom lourd et progressif.

Prologue, une introduction Heavy captivante


The Beginning, the End, the Colony démarre, après trois minutes,  par un son doom plutôt classique, le son est lourd mais pas écrasant. Puis Matthew Bunkell , le bassiste arrive avec sa voix claire et là le morceau prend toute son originalité. On est dans un mélange de lourdeur et de légèreté, les grattes faisant le pont entre la partie rythmique massive et les envolées lyriques de Matthew.

Autre morceau plus classique est Chainbreaker. On est un peu à mi-chemin de ce que pourrait être un mélange de Sunnauta et de Monolord : la voix éthérée, les riffs de taureaux de Matt Norris et Jamie Starke, Raza Khan le batteur qui découpe le morceau chaque fois qu’il décide de s’énerver sur ses toms. Pour faire simple le fuzz dégouline des enceintes inondant nos tympans pour notre plus grand plaisir.
‘Prologue’ n’est vraiment pas un album doom comme les autres, et le morceau Mother Mary  est ici pour le montrer. Le groupe se pose, sort sa guitare acoustique pour emmener l’auditeur sur une berge calme entre deux tempêtes sonores que sont The Beginning et Chainbreaker. Le morceau est bien construit et prend même le temps de déployer quelques notes mélancoliques au piano. Mais le morceau le plus abouti est sûrement Omega du haut de ses 16 minutes. Un conteur est présent au début du titre pour mettre en place l’atmosphère et qui, petit à petit, se fait remplacer par  les riffs du duo de guitaristes. Ce morceau est un voyage en pleine mer, Poseidon nous transportant selon ses envies, de mer calme en tempête furieuse, notre frêle esquif est ainsi balloté dans tous les sens. Un chef d’œuvre de perdition.

Que faut il en retenir


Si Omega est le titre qui clôt l’album, Poseidon n’en a pas terminé avec nous car comme l’intitulé de l’album l’indique, ‘Prologue’ n’est que le commencement d’une odyssée homérique que les britanniques veulent développer dans leurs prochains opus. Le voyage dans les mers du riff ne fait que de commencer.

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Le bonheur tient à peu de choses. En l’occurrence, ici, le bonheur se trouve être de retour de vacances, de fouiner sur Bandcamp et de tomber sur une pépite. Vous savez, le genre de pépite dont on tombe instantanément amoureux pour peu qu’on aime déjà le genre musical. « Starsplit » est un split entre deux groupes allemands que sont Cosmic Fall et Aphodyl. Je vais être franc avec vous en vous disant que je connaissais vaguement le premier et que le deuxième m’étais totalement inconnu jusqu’à l’écoute de cette collaboration. Et quelle collaboration...

« Starsplit », une invitation pour un grand voyage au cœur du psychédélisme


« Starsplit » c’est avant tout une jaquette accrocheuse, aguicheuse et sans-chichi pour l’homme que je suis : ça parle de voyage spatial et donc j’avais déjà l’eau à la bouche dès le premier regard. Deuxio, là où j’ai su que j’allais dans une valeur sûre, c’est quand j’ai regardé la durée des titres qui excède tout le temps la dizaine de minutes. La durée minimale pour bien se mettre en condition du grand voyage qui s’annonce. Les deux premiers jams – ‘Overhead Intelligence’ et ‘Blues at CME’ - sont de Cosmic Fall qui n’y va pas par quatre chemins pour vous arracher de la surface de la Terre. A grands renforts de lignes de basses lancinantes, de fuzz et de wah-wah, le groupe parvient à vous propulser dans l’immensité intersidérale. Là-haut, on se laisse bercer par la musique qui sait surprendre son auditeur par des changements de rythme ou bien plus simplement en balançant un solo de guitare pile au bon moment pour magnifier ce voyage. Difficile pour moi d’en dire plus puisque c’est typiquement le genre de musique qui peut parler aux uns et pas du tout aux autres.

La seconde partie du split, qui se constitue de deux jams intitulés simplement ‘Jam 1’ et ‘Jam 2’ composés par Aphodyl, se montre d’autant plus surprenante. La première chose qui frappe c’est le côté psychédélique très différent de la première partie puisqu’il se montre beaucoup plus terrien, plus dur en somme et quelque peu perturbant. Ici on évolue clairement dans l’improvisation la plus totale avec des claviers, des solos de guitare qui vont et viennent et des interludes qui se montrent très étranges. On est ici en présence dans une sorte de rock psyché à tendance garage avec des sons inhabituels. J’ai toujours un peu plus de mal avec ce type de rock psychédélique, mais à ma plus grande surprise, plutôt que d'arrêter d'écouter, ca m'a rendu curieux, comme si j'avais le besoin d'aller jusqu'au bout de ces jams. Au final, après plusieurs écoutes, on se laisse facilement guider et surprendre par la musique qui sait toujours se montrer imprévisible.

Que faut-il en retenir ?


Avec « Starsplit » vous êtes en présence d’un album ayant deux conceptions distinctes du psychédélisme. Pour Cosmic Fall, c’est avant tout vous faire voyager dans l’immensité spatiale à la recherche des astres. Vous savez, comme quand pendant les nuits d’été on se prend à regarder la voute céleste et s’imaginer de se rendre sur l’une des planètes qui nous entourent ou bien tout simplement voguer à travers d'autres galaxies. Cosmic Fall y arrive à merveille. Aphoxyl, lui va plus faire dans la tendance psychédélique pure et dure. Comme si vous arriviez à destination de votre voyage spatial, sur une planète inconnue mais dont l’air est comme empli de LSD. Vous allez devoir vous perdre dans les méandres des jams pour tenter d’en ressortir indemne. « Starpslit » est l’une de ces très bonnes surprises de l’été, un album qui laisse votre imagination jouer avec la musique et ce, pour notre plus grand plaisir. Je ne peux que vous recommander de vous lancer dans ce grand voyage...

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