Cosmic Fall est un groupe allemand comme je les aime : du jam, du jam et encore du jam. La formation s’était démarquée par la sortie l’été dernier d’un split - avec un autre groupe teuton – qui envoyait son auditoire dans le fin fond de l’univers. C’est donc avec une certaine attente que j’ai accueilli « In Search of Outer Space » sorti il y a quelques semaines. Alors, est-on toujours en présence d’un disque qui fait voyager ? La réponse ci-dessous.

« In Search of Outer Space », le jam du cosmos


L’album s’ouvre sur ‘Jabberwocky’, un titre qui dure un peu plus d’une dizaine de minutes et qui en dit long sur l’album : oui, on retrouve bien tout ce qui fait le charme de Cosmic Fall à savoir des riffs lourds mais surtout des solos de guitare aux petits oignons. On notera la présence d’une voix qui vient quelque peu chambouler ce à quoi le groupe nous avait habitué, mais qui s’intègre parfaitement aux sonorités du disque. Mention spéciale à la basse qui se trouve, sur certains titres comme ‘Narcotic Vortex’, sur le devant de la scène et vient rivaliser avec les riffs de guitare. On dénoterait presque un petit côté blues à ce titre, que ce soit au niveau du rythme ou bien des notes de guitare vers la moitié du morceau.

‘Purification’ se veut bien plus calme et aérien que les précédents titres, mais c’est sans compter sur ‘Lumberjack’ qui vous fait revenir sur Terre avec sa batterie dure et de son côté groovy très plaisant. ‘Spacejam’ est un nom à prendre au sens propre puisque s’il me fallait choisir un titre dans cet album, c’est bien celui-ci qui en est le plus représentatif. L’introduction est quelque peu anxiogène, comme si que nous étions plongés dans un noir sans savoir où aller. Puis la basse prend le relais avant de faire place à quelques notes de guitare et à la batterie… tout en accentuant des effets psychédéliques qui font planer… Je crois que notre vaisseau s’enfonce dans l’espace intersidéral, le retour vers notre Voie Lactée semble de plus en plus compromis…

Que faut-il en retenir ?


Tout en finesse est sans doute le maitre mot de « In Search of Outer Space ». Les solos de guitare sont comme du miel pour les oreilles ; la reverb appliquée nous permet de nous imaginer d’être dans le cosmos évoluant à toute allure vers une destination inconnue. Le titre de l’album est amplement mérité puisque c’est une odyssée musicale et spatiale. « In Search of Outer Space » fait partie de ces albums qui se laissent apprécier peu importe notre humeur. Cosmic Fall parvient à améliorer sa formule dont le seul défaut est sans doute le fait que la musique s’arrête à un moment donné…


Read More

Un live report pour changer un peu. Vendredi dernier j'ai eu la chance de pouvoir participer à la troisième édition du festival : Smoke Over Warsaw. Il faut dire que l'affiche était belle avec 1000 Mods en tête d'affiche et des groupes de bonne facture comme Mother Engine ou encore Wedge.

Smoke Over Warsaw III : une affiche digne des festivals estivaux


Le festival proposait deux scènes : une petite, celle du café-concert Chmury et la mainstage dans Hydrozagdka. Premier groupe à ouvrir les hostilités : Dogzilla. Le bar se réveille doucement au rythme des riffs lourds et épais des polonais. On est un stoner doom lent, très lent de bonne qualité. Le groupe s'échappe parfois et propose de temps à autres du chant.
La soirée se poursuit avec un autre groupe polonais Octopussy. Un groupe assez nombreux (6 personnes) qui propose un rock énergique, un peu à l'image de Clutch période From Beale Street To Oblivion. Le groupe a une énergie communicative et fait swinguer le public varsovien.  Ça chante, ça danse bref le groupe met l'ambiance comme il faut ! Le lieu commence a bien se remplir et il m'est déjà impossible de rentrer dans la première scène pour jeter une oreille sur Sons of Nibirru.


On commence à attaquer les gros morceaux avec Mother Engine. Honnêtement j'avais des doutes concernant ce groupe en live car leur stoner atmosphérique, s'il est parfait au calme à la maison ou au bureau, je le voyais mal se confirmer correctement en live. Cependant n'ayant entendu que du bien j'y allais curieux. Grand bien m'en a pris ! Les trois allemands sont exceptionnels. Mother Engine rentre au panthéon des meilleurs groupes live que j'ai pu voir. Le groupe est un météorologue qui décide des émotions de la fosse. Celle ci était pleine d'énergie après Octopussy, le trio la calme et la fait rentrer en transe, tellement profonde qu'aucun son ne venait du public. Lors d'une de leur rare annonce, le groupe annonce que vous allez danser, chose étrange car au regard des titres joués auparavant. Et ben non les allemands sortent un de leur premier titre super groovy et tout le monde se retrouver à remuer et à bouger du pieds.  Bref un live fantastique qui se finit bien trop tôt !




Une petite tentative infractueuse d'essayer de voir Diuna et voilà qu'il faut laisser la place à la tête d'affiche : 1000 Mods. Que dire de ce live à part que c'était une énorme débauche d'énergie comme j'en avais pas vécu depuis longtemps. Le groupe ouvre sur 'Road to Burn' et le public répond de suite. Ca pogote, ça saute ça chante à tue tête. L'ambiance est fiévreuse et la fête magistrale. Mention spéciale à Vultures qui a vu le pogo le plus fou de la soirée. Seul petit bémol je dira, le groupe semblait professionnel, voir un peu trop. Très peu de communication avec le public, les grecs donnaient l'impression de ne pas apprécier autant que leur fans la soirée. Mais leur set était tellement excellent, le groupe n'ommetant aucun de leur titres phares, permettant ainsi aux polonais de s'exciter et de faire fondre leur surplus de calories.



La soirée se poursuivait de nouveau dans la petite salle avec Wedge. Le groupe ne déçoit pas et leur titres seventies léchés arrivaient à encore faire lâcher les dernières énergies du public polonais.


Pour ma part je quitte la salle après un 'Let Us Push Some Air' du plus bel effet, pour rentrer à la maison exténué mais heureux.

PS : Merci à Marcin Piwnik pour les photos de 1000mods et Wedge! 
Read More


Mythic Sunship est un groupe danois que j’ai découvert il y a encore peu lorsque je me suis intéressé à El Paraiso Records, un label qui regorge de pépites psychédéliques allant du stoner instrumental à la pop psychédélique lancinante en passant par des projets solos de différents artistes danois. Je ne peux nier être tombé subitement amoureux de Mythic Sunship lors de la première écoute de leur dernier album « Upheaval » - chronique ici – qui m’a littéralement aspiré dans le cosmos. Ainsi, lorsque j’ai appris que le groupe passait à la maison, je me suis dit que je ne pouvais pas louper l’occasion de les voir en concert !

Mythic Sunship… ou la quintessence de l’improvisation en live


Mercredi 11 avril, Angers dans l’ouest de la France. Le temps est plutôt clément, le printemps commence à s’installer et c’est donc l’occasion pour moi et un pote de s’installer en terrasse, le temps de manger sur le pouce et de déguster quelques bières avant de descendre sur la scène où se produit Mythic Sunship. En descendant vers les lieux, le tenancier se montre plutôt satisfait du public qui n’est pas qu’exclusivement angevins pour une fois puisque des nantais ont fait le déplacement pour voir ce groupe, comme si c’était quelque chose d’exceptionnel.

La foule est assez disparate dans la salle ; en même temps je ne suis guère surpris car les danois ne sont pas plus connus que ça, seulement de quelques groupes d’aficionados qui se comptent sur les doigts d’une main. Mais dans un sens, ce n’est pas plus mal puisque j’ai une grosse préférence pour les concerts plus intimes ; et de toute façon pour une expérience comme celle-là, être peu nombreux permet d’être dans la musique et de profiter davantage. On passe au bar pour prendre des munitions à siroter pour le concert et voilà que les artistes montent sur scène. Les quatre compères sont plutôt du genre discret, ce qui ne me surprend guère puisque les vidéos de leurs concerts sont rares ; ce qui souligne sûrement le fait de la rareté de voir le groupe jouer en live. Après de rapides présentations, Mythic Sunship lance la musique…




Qu’on soit clair dès maintenant : il est impossible pour moi de savoir quels étaient les morceaux joués durant le concert puisque le groupe improvisait au fur et à mesure, jouant en fonction de leur envie au dernier moment. Et c’est justement ça la force de Mythic Sunship : tout réside dans l’improvisation la plus totale. Si vous vous êtes attardé sur l’un de leurs albums, vous saurez de quoi je parle puisqu’on assiste à une session de jam… Quoiqu’il en soit, le groupe a su donner une certaine énergie à son public pour partir dans le cosmos. Seul bémol du concert ? Le fait que c’est passé diablement vite. Mythic Sunship est le genre de groupe qu’on peut entendre jouer pendant des heures : « I wish I could listen to you till the end of the night »  étaient les mots qui me sont parvenus lorsque j’ai tapé la causette avec deux membres du groupe.

Pour conclure, le concert de Mythic Sunship ce soir-là ne m’a nullement déçu. Je m’attendais à vivre quelque chose d’assez unique et je ne peux que vous conseiller d’aller les voir si un jour ils passent par chez vous. Le groupe lorgne sur le Festival Lévitation qui se tient en septembre prochain à Angers ; et j’espère de tout cœur pouvoir les revoir là-bas…







Read More


Après un premier album, "Belfri", sorti en 2016, voici le grand retour du groupe Italien Messa pour ce printemps 2018. Un retour attendu par beaucoup, tant le groupe commence à se faire un nom à travers la scène Doom Européenne. Les Transalpins nous offrent ici un concept album autour de l'introspection et la symbolique rituel de l'eau. Ont-ils réussi à pousser encore plus loin leur "Scarlett - Doom" ? C'est ce que nous allons voir.

"Feast For Water", un périple en eaux troubles


L'album s'ouvre sur 'Naunet" intro ambiante mélangeant du violoncelle, des bruits aquatiques et se finissant sur un bruit blanc. Attention à l'écoute au casque tant la piste se termine dans un bruit assourdissant! Après cette mise en bouche particulière, vient 'Snakeskin Drape', morceau faisant la part belle à la voix particulière de Sara avec un premier couplet porté uniquement par elle et un riff simple, le tout noyé dans de la reverb. Un coup sur la caisse claire et le morceau s'emballe dans un mélange psyché/doom des plus efficaces. Vient ensuite 'Leah", le premier single, alternant couplets doux /planants et refrains scandés plus brutaux, se finissant dans un sublime solo et des chœurs féminins en soutien du chant principal.  Voici enfin le retour de la vraie force de Messa :  le mélange des genres.

Pour illustrer mon propos, je vous propose d'écouter les pistes jazz/doom 'The Seer' et "She knows/Tulsi". La première chanson, est composée autour d'une batterie omniprésente et d'un riff hypnotique . Quant à la seconde, composée en 2 chapitres (pour une durée plus de 14 min), elle est un énorme mélange d'abord très smooth/lounge avec des passages au claviers au son 70's, puis vient une rythmique black métal (!) afin de terminer le morceau dans une assourdissante cacophonie. La seconde ramification nous embarque à son tour dans un univers au tempo martial qui se paye le luxe d'un  solo de saxophone très érotisant, un véritable délice à écouter. Vient les deux derniers morceaux , 'White Stains' au doom plus traditionnel quoique nappé encore de claviers, et 'Da Tariki Tariqat" à l'ambiance arabisante amenée par des violons et percussions et concluant l'album avec des notes de guitares très légères. 

Que faut-il en retenir ?

Messa nous offre ici un album aux ambiances complexes, avec des morceaux toujours au cordeau, dans une espèce de dissonance éthérée. Le chant tendu flirtant avec les limites,  le groove jazzy et les compositions fouillées font de cet album encore un prétendant à mon top de fin d'année. En un mot : "Grazie"


Read More


Dans ce neuvième podcast, vos fidèles serviteurs vont revenir sur les sorties du début de l'année qui ont été assez nombreuses ! On vous propose donc nos coups de coeur de ce premier trimestre 2018 avec au programme :

00:00 - Introduction & Fu Manchu
07:37 - Besvarjelsen
16:46 - Borrachero
25:59 - Deathbell
38:03 - Black Rainbows
47:58 - Why Goats Why (petite erreur de Doc car sorti en 2017 !)
54:27 - Child
01:07:02 - Killer Boogie
01:13:44 - Weedpecker
01:27:12 - Conclusion


Read More

Pour cette chronique, nous envolons pour Porto, avec le groupe Astrodome. Le quatuor instrumental portugais est une totale découverte pour moi qui était passé à cote de leur premier album en 2016 et c'est sur les conseils de mon co-pilote Kev' que je me lance ici. Alors vais-je entrer de plain pied dans leur univers métaphorique? c'est ce que nous allons voir...


"II", un voyage spatial tribal 


Le groupe ouvre avec 'mirage', morceau élevé haut en couleurs  nous contant une histoire avec son riff psychédélique et sa batterie en soutien, dont la puissance et l'habileté me font penser à Keith Moon des "Who". La batterie, justement parlons en, elle est mise en avant tout au long de cet album. Et de quelle manière ! Tantôt jazz d'autre fois agressive,  elle est omniprésente sur le mix. Comme sur la pièce principal de l'album qu'est 'secular fields', où elle s'avère juste démentielle. Le morceau est composé en plusieurs étapes allant du plus clair au plus sombre s'offrant même un passage Doom où le solo de  guitare arrive tel un halo lumineux pour nous sortir de la noirceur de la rythmique. L'une de mes pistes préférées de ce début d'année à (ré)écouter le plus souvent possible.

Après 'Dawn Gardens' au tempo plus lent, vient ma seconde piste favorite de l'album 'Sunrite'. Les rythmes tribaux aux accents chamaniques de ce morceau nous donnent l'impression d'assister à une cérémonie Vaudou tandis que la piste devient de plus en plus groovy et donne envie de bouger. Vient pour conclure 'Atlas', long jam ouvert par un solo de basse où les portugais nous montrent tout leur savoir faire en matière de composition, jolie conclusion d'un album qui fait 40 minutes.

Que faut-il en retenir?

Astrodome nous offre avec "II" un fort joli voyage coloré , faisant la part belle à la rythmique et à la déesse Fuzz. Un album sans aucune autre prétention que de nous porter tranquillement et nous plonger dans nos pensées. Et avec les beaux jours qui arrivent, que demandez de plus? 



Read More

Archives du blog

La Planète du Stoner Rock 2016. Fourni par Blogger.