Réputés pour être les « parrains » du desert rock, Yawning Man nous fait le plaisir de sortir « Macedonian Lines », dix mois après l’excellent « Revolt Against Tired Noises ». Ce nouvel album puise son inspiration lors de la tournée européenne du groupe avant d’enregistrer ces nouvelles pistes en studio à Joshua Tree. J’étais quelque peu surpris de pouvoir entendre les sonorités psychédéliques de la bande aussi rapidement, et je dois dire que j’étais quelque peu inquiet. Après quelques écoutes, la peur laisse place à l’apaisement et à la sérénité. Explications.

« Macedonian Lines », un album qui conjugue pesanteur et résonnance


‘Virtual Funeral’ qui ouvre l’album donne le ton. Le trio californien a choisi de mettre un peu de lourdeur avec une intro au piano et une basse assez massive. Cependant, on retrouve avec plaisir les onctueuses mélodies de Gary Arce qui sont devenues la signature de Yawning Man. Lors de la première écoute, je voyais le piano comme le coupable qui faisait passer sous silence les sonorités psychédéliques. Pourtant, deux écoutes plus tard il permet justement d’apporter une pointe de gravité et en même temps, il permet de magnifier la musique du groupe. ‘Macedonian Lines’ se veut comme un titre pour rassurer les fans du groupe qui trouvaient que la lourdeur pouvait être rédhibitoire ; là encore le trio parvient à conforter sa maîtrise des sonorités lourdes et graciles.

Avec son introduction tout en pesanteur, ‘Melancholy Sadie’ happe son auditeur dès les premières notes. L’anecdote personnelle que j’ai avec ce morceau, c’est justement qu’il faisait ressentir en moi un brin de mélancolie alors que je n’avais pas encore lu le titre. Yawning Man prouve une fois encore leur capacité à produire des mélodies qui prennent aux tripes. ‘Bowie’s Last Breath’ garde cette lourdeur dont Mario Lalli et sa basse en sont les comme les garants avec une fuzz qui se met au premier plan. Ce titre sonne comme le prolongement du morceau précédent en gardant une ambiance quelque peu triste ; avec ce nom, on peut donc penser que cette piste est un hommage à David Bowie et de l’influence qu’il a eu sur les membres du groupe.

‘Im Not A Real Indian (But I Play One on TV)’ est sans aucun doute mon morceau préféré de « Macedonian Lines ». On reprend une part de basse saturée en intro avant d’écouter la résonance toute particulière des notes de guitare. Une résonnance particulière se dégage de ce titre avec une basse qui garde sa lourdeur et une guitare qui travaille tout en légèreté. On pourrait penser qu’on assiste comme un duel entre la légèreté et la lourdeur ; mais non les deux travaillent de concert. L’une va aider l’autre et vice-versa. On retrouve cette sensation dans ‘I Make Weird Choices’ qui permet de finir en beauté avec des mélodies douces et sucrées et qui abordent, de temps à autre, une autre facette plus inquiétante et pesante…

Que faut-il en retenir ?


Il m’a fallu plusieurs écoutes pour entrer dans « Macedonian Lines » car j’avais été perturbé par la pesanteur des titres qui peut être déroutante au premier abord. Mais lorsqu’on se plonge véritablement dedans, on en ressort comme apaisé et empreint d’une grande sérénité. Yawning Man prouve une nouvelle fois qu’ils sont les seuls à pouvoir produire une musique aussi talentueuse et unique. Avec « Macedonian Lines », le groupe arbore une facette plus noire sans pour autant renier sa musique. Au contraire, ce côté sombre apparait comme salutaire puisqu’il permet au trio d’apporter une fraîcheur nouvelle à leurs sonorités musicales. Bravo et merci à Bill Stinson, Gary Arce et Mario Lalli de produire une telle musique… !

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