Formé en 2015, un premier album sorti en 2017 et voilà que les grecs d’Acid Mammoth remettent le couvert avec « Under Acid Hoof ». Petite anecdote au passage, père et fils officient dans ce groupe qui surfent sur l’héritage laissé par Black Sabbath. On pourrait donc penser qu’on a affaire un énième groupe-groupie du quatuor britannique, mais détrompez-vous car « Under Acid Hoof » sonne déjà comme l’un des meilleurs disque doom de l’année. Explications.

« Under Acid Hoof », un mastodonte à riffs


L’album s’ouvre sur le titre ‘Them’ qui permet, en l’espace de quelques secondes, de dévoiler l’intention du groupe quant à cet album. On se fait percuter de plein fouet par un riff simple mais ô combien efficace. Les cordes vocales de Chris Jr. se placent dans la droite lignée de celles de notre cher Ozzy Osbourne. Cela donne l’impression d’avoir affaire à un gimmick de Black Sabbath. Que nenni ! L’album s’enchaine avec ‘Tree of Woe’ dont les riffs sont enveloppés d’une belle couche de fuzz. D’ailleurs, la basse est encore plus grasse que les guitares. Quelques accords bricolés à la guitare, mais bordel, ça reste toujours d’une efficacité remarquable. On est dans la droite lignée des britanniques, mais en plus sale et moderne.

Mention spéciale à la production qui est juste un petit régal pour les oreilles. Tout est parfaitement mixé : les fûts et cymbales de la batterie sont présents mais pas dans l’excès, les guitares sont calibrées pour être devants tandis que la basse occupe d’une très belle manière les arrières. Enfin, le chant est la petite cerise sur le gâteau… un mixage aux petits oignons ! L’excellent titre ‘Jack the Riffer’ démarre par un riff que Matt Pike aurait pu faire pour un album de Sleep, un peu à la manière de celui du titre ‘Holy Mountain’. Preuve s’il en est qu’Acid Mammoth n’a pas seulement été influencé par les pères du genre, mais aussi par tous les rejetons qu’ils ont engendrés jusqu’à nos jours. Que dire du solo de guitare qui vient reprendre les codes érigés par maître Iommi en personne ? 'Under Acid Hoof' vient conclure cet épopée à haute teneur en riff de la plus belle des manières avec encore plus de brutalité que dans les précédents titres. L'aventure aura été courte - 35 minutes - mais d'une intensité remarquable !

Que faut-il en retenir ?

Je suis entré dans le stoner et doom grâce à Electric Wizard et avec le temps, je me suis davantage tourné vers le heavy-psych. « Under Acid Hoof » m’a comme ramené sur la voie, celle qui m’a mis sur le chemin des musiques lentes et psychédéliques. Acid Mammoth assume pleinement l’héritage laissé par Black Sabbath sans forcément chercher à copier ce qu’on fait les anglais par le passé. Par la qualité de la production et de la composition, Acid Mammoth a réussi à faire un tour de force en prenant en compte l’évolution du genre depuis trente ans maintenant. Dans un genre musical aussi codifié que le doom, il est compliqué de se réinventer. Le temps nous le dira, mais « Under Acid Hoof » présente toutes les qualités pour devenir un album culte.

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