Dvne. Voilà l’album que j’attendais le plus en 2021. J’ai suivi son histoire tout au long de 2020 espérant pouvoir mettre mes mains sur la galette. Finalement en 2021 et voilà mon souhait exhaussé. C’est une joie certaine que je peux vous livrer mes impressions sur cet album exceptionnel qu’est ‘Etemen Aenka’.


'Etemen Aenka' un titan sonore

Dès les premières minutes de Enuma Elis on retrouve tout le charme de Dvne vu sur ‘Asheran’. Cette balance parfaite entre violence et douceur, entre gros riffs de bourrin et ambiance aérienne. Les riffs et le jeu de batterie qui pouvaient faire penser à Mastodon sont ici de l’histoire ancienne, le groupe a pris le soin de peaufiner et personnaliser son propre son. Enuma Elis est le titre parfait pour découvrir le groupe pour ceux qui n’ont pas pris le temps d’écouter ‘Asheran’ (honnêtement si vous lisez les lignes, finissez la chronique et aller écouter cet album grandiose vous me direz merci après). On sent la première touche de l’évolution des écossais sur la fin du morceau, notamment le travail effectué sur la voix de Victor, plus affirmé et maîtrisé que par le passé.
La douceur attendra pour l’instant car Towers rappelle à tout le monde que Dvne a bien un pied dans le doom , lourd et menaçant. Le second chanteur est bien toujours là avec son growl et rappelle que Dvne a bien deux chanteurs. Le titre abrasif me fait penser à Thirst de l’album précédent. L’agression empêche pas la complexité car au-delà du bourrin, on retrouve des riffs proggy éparpillés ça et là. Des claviers font une apparition timide, rassurez vous cela ne gâche en rien la brutalité et la force du morceau. Towers casses des culs et honnêtement ce titre à lui seul montre le travail effectué par le groupe depuis maintenant 4 ans. Court of the Matriach est moins violent et s’ouvre sur une certaine caresse. Outre son nom qui semble faire le pendant à King Crimson, il est beaucoup plus lumineux. Alors qu’on semblait s’engager vers un titre prog gentillet, voilà que les growls arrivent pour contrebalancer cette douceur ambiante.





Omega Severer doit être le titre plus progressif de l’album. On retrouve un peu la même construction que sur Court of the Matriach sur le début si ce n’est que le chant clair de Victor y est plus affirmé. Enfin les growls sont en aussi encore plus affirmés. Originalité est qu’une voix féminine se fait entendre, ouvrant le titre à un dialogue entre les trois entités vocales. Dvne touche un peu ce que les groupes 70’s pouvaient nous proposer avec un titre épique renvoyant à un album concept ou ici une odyssée SiFi serait dépeinte, ambiance futuriste qui est d’ailleurs renforcé via les morceaux de transitions joués principalement au synthé au son très 80’s.
Si-XiV est le single, le morceau qui fait trépigner tout le monde pour la sortie du nouvel album. Le son Dvne a l’état pur, une balance entre agression et passage calme. Je pense que le titre a été poli plusieurs fois tellement la puissance de ce titre est millimétré. Ce qui me plais surtout ici, c’est qu’on a la partie plus bourrine qui est plus sur le devant que la calme là où c’était l’inverse sur les deux titres précédents. . Tout est parfait : ligne de basse tonitruante, growl, passage électro, break et petit refrain entêtant. Si- XIV est vraiment LE pilier de l’album.

 

Après la tempête de Si-XIV, Mleccha nous permets de respirer. On retrouve Victor qui nous prend par la main pour une balade dans de vertes prairies. Petit à petit on entend la tempête qui s’approche, notamment les growls de qui se sont presque muer en screamo de black. La batterie martèle ses fûts, personnalisant la difficulté de rester sur place face à la tornade. Et puis celle ci s’estompe et nous offre à la vue des contrées cachés, riffs oriental à la main pour nous représenter cet exotisme enchanteur.
Asphodel  est un autre titre de transition. Le calme laisse la place à la voix féminine pour s’exprimer. On dirait qu’il s’agit d’un clin d’oeil au jeu Hadès entre le nom du titre et la voix féminine seule qui s’exprime. Je peux me tromper mais en tout cas cela ne gâche en rien sur l’enchantement reposant qu’est ce titre pour nos oreilles.
Satuya prend le pas d’Asphodel presque normalement. On s’attarde à rêver, à partir sous des cieux enchanteurs bien aidé dans notre évasion par la mélodie à la une guitare acoustique. Mais voilà que le souffle épique de l’aventure nous rattrape, la batterie se déchaîne, puis la guitare et synthé la rejoigne donnant un souffle épique. Enfin tout n’est pas aussi paisible, le groupe tient à nous rappeler que s’ils peuvent nous enchanter et nous élever, ils peuvent aussi nous rabattre au sol avec cette violence élaborée dont eux seuls ont le secret. 

Que faut il en retenir ?

Bref pour résumer Dvne a encore fait très fort et cet ‘Etemen Aenka’ est un des albums majeurs si ce n’est THE ALBUM a l’heure où j’écris ces lignes. Dvne a affiné son propre son, l’a enveloppé de plus de complexité tout en ne reniant pas ses racines ‘sludge’. Il ne manque plus qu’une chose, pouvoir goûter à l’ampleur de cet album en live et pouvoir prendre en pleine face l’œuvre d’art musicale que les écossais nous ont concoctés.

0 Commentaires