Figure connue de la scène américaine psychédélique notamment pour être le guitariste – et depuis peu chanteur – du groupe Earthless, Isaiah Mitchell n’en demeure pas moins un artiste polyvalent qui multiplie les projets et les apparitions scéniques avec d’autres groupes. Il me semblait donc nécessaire de m’attarder sur ce personnage connu pour son jeu de guitare absolument sidérant et rendre hommage au bonhomme en lui brossant un portrait musical !


Isaiah Mitchell, un personnage emblématique de la scène psychédélique californienne


Si vous lisez mes chroniques, vous savez depuis belle lurette que j’adore les jams. Cet amour du jam, je le dois à Isaiah lorsque mes tympans ont entendu pour la première fois « Rhythms from a Cosmic Sky» d’Earthless. Avant de plonger dans le stoner, j’étais un grand amateur du rock psychédélique des années 60-70 ; c’était donc le chemin logique que de découvrir le stoner et tous les genres qui gravitent autour de lui. Je me rappelle encore de la première fois où j’ai écouté ‘Sonic Prayer’, j’étais entrain de faire un boulot pour mes études quand j’ai ressenti le besoin d’aller écouter le titre avec des écouteurs et d’aller se poser dans le hamac au fond du jardin. En l’espace de vingt minutes, mon esprit avait réussi à se perdre dans ses propres pensées tout en regardant les nuages défiler sur le tapis bleu. Tout ça en même temps que la guitare qui enchaine les riffs et les solos. J’adorais Jimi Hendrix quand j’étais adolescent et je me rappelle que j’aurais adoré le voir en concert ; lorsque j’ai entendu la guitare de Earthless, j’ai tout de suite su que ce type allait être une sorte de Jimi Hendrix des temps modernes, celui dont j’avais la chance d’être contemporain et de pouvoir le voir en concert.

‘Sonic Prayer’ est le titre emblématique de toute l’étendue des talents d’Isaiah à la guitare. Sans doute aussi parce qu’il a été le premier morceau que j’ai écouté de lui et qu’il m’a laissé une trace impérissable dans mon esprit. Si son jeu fait rappeler Hendrix, on ne peut pas non plus passer à côté de l’influence des années 1970. Pourtant, lorsqu’il a commencé à jouer de la guitare, Isaiah Mitchell était plutôt branché sur les groupes de son époque : Poison et Def Leppard ! Mais lui aussi a eu le plaisir de découvrir la musique de Jimi Hendrix et cela ne l’a plus lâché depuis. Je ne vais guère plus m’étendre sur Earthless, le groupe étant l’un des piliers de la scène psychédélique il est connu par tous les amateurs du genre. Néanmoins, je vous laisse avec le titre ‘Acid Crusher’ issu du split avec Harsh Toke qui possède un certain charme à cause des influences des années soixante-dix.


Si Earthless est évidemment le projet le plus important d’Isaiah Mitchell, ce dernier multiplie les projets comme il aime le dire. S’il n’est pas en tournée, il est forcément entrain de composer pour des projets plus discrets ou bien de jouer avec des artistes à San Diego. Il a par ailleurs été le bassiste de Nebula le temps d’une tournée en 2003 et figure sur quelques titres de « Peel Sessions » sorti en 2008 mais qui inclus des morceaux joués plusieurs années auparavant. On peut également trouver une vidéo d’outre-tombe de leur tournée dans lequel Isaiah apparait en backstage pour parler du groupe Gunnbuny qui ouvre pour eux.

Il est intéressant de pointer le fait que M. Mitchell a pris la nouvelle vague psychédélique qui frappe la Californie à partir de la seconde moitié des années 2000. En plus d’avoir joué dans Nebula, il a également officié en tant que guitariste dans le groupe Howlin Rain sur l’album « The Russian Wilds » sorti en 2012. C’est un groupe de blues-rock avec une forte influence psychédélique. On reconnait aisément la « patte » de Mitchell dans les solos de guitare. Je vous glisse en-dessous le titre ‘Self Made Man’ pour vous faire une petite idée de la musique du groupe.


Vous l’aurez donc compris, Isaiah Mitchell est un artiste de premier plan auquel on compte un nombre incalculable de collaborations avec divers groupes (il a même collaboré avec Saviours, un groupe de trash-metal) qu’il serait trop long d’être exhaustif. Non, pour terminer cette partie sur ses collaborations, je vais m’attarder sur une que j’apprécie énormément : l’album « Tranquonauts » avec Seedy Jeezus. C’est un album composé de deux pistes de jams psychédélique d’une vingtaine de minutes chacune. C’est une véritable pépite musicale dans laquelle on retrouve la touche de Mitchell dans les solos de guitare. C’est d’ailleurs incroyable, car sa signature sonore devient de plus en plus facile à reconnaitre, que ce soit dans ses projets persos ou bien dans ses collaborations. Quoiqu’il en soit, je ne peux que vous recommander d’aller jeter vos oreilles sur « Tranquonauts », un album psychédélique qui a la faculté à faire perdre votre esprit dans l’immensité intersidérale.

Dusty Skull et Golden Void, les deux autres projets de Mister Mitchell


Après avoir traité succinctement des différents projets auquel il a pu être associé de façon assez ponctuelle, on va s’attarder sur deux projets que M. Mitchell tient en parallèle avec Earthless. Commençons par Dusty Skull qui est un groupe dont Isaiah est le chanteur et guitariste. On évolue loin des sonorités psychédéliques puisqu’on est dans une forme de rock classique. C’est avec un certain plaisir qu’on écoute le morceau ‘Tossed&Lost’ qui fait la part belle à quelques riffs bien placés et aux solos efficaces. Cependant, hormis cet EP sorti en 2012 le groupe n’a jamais pondu un seul album et ne donne plus signe de vie depuis. Pourtant officiellement le groupe n’est pas dissout, on peut donc penser qu’il reviendra sur le devant de la scène lorsque Mitchell sera moins pris par ses autres projets…

Si Dusty Skull n’a pas pondu d’album, ce n’est pas le cas de Golden Void. Ce groupe est l’autre projet « important » de Mister Mitchell après Earthless bien évidemment. Golden Void est avant tout un projet entre amis de longue date : les différents membres se côtoient depuis le lycée. Cela faisait longtemps qu’ils souhaitaient créer un groupe mais chacun avait ses autres projets. Le groupe s’est donc formé en 2009 et il a fallu attendre 2012 pour que leur premier album résonne sur les platines. Il est difficile de donner une étiquette à Golden Void ; disons que le groupe évolue avant tout dans le rock psychédélique auquel vient se greffer des sonorités typiquement stoner avec la présence de riffs lourds. Pourtant, le titre d’après peut se montrer beaucoup plus onctueux avec des notes de guitare qui viennent chatouiller les tympans et apaiser l’esprit. Depuis 2015 et son dernier album « Berkana », Golden Void n’a pas sorti de nouveau son à se mettre sous la dent. Quoiqu’il en soit, un morceau à écouter sera beaucoup plus efficace que d’en parler pendant des lignes !

Conclusion


J’espère que ce petit voyage sur les traces d’Isaiah Mitchell vous a plu. C’est un artiste qui multiplie les projets et les collaborations avec d’autres groupes, même si ces derniers ne sont pas dans son style musical. Je vous recommande de vous attarder sur Golden Void qui est un projet musical vraiment exceptionnel par le fait que leur musique est bourrée d’influences diverses. En somme, il faut toujours être à l’affût de ce que le bonhomme peut sortir car certains de ses projets sont de véritables pépites musicales… On se quitte avec la version live du titre 'Uluru Rock' lors de leur passage en août 2018 au festival SonicBlast au Portugal pour admirer encore une fois tout le talent du bonhomme à la guitare...

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