C’est la rentrée. Première chronique pour ma part depuis quelques mois, c’est la première fois que j’ai un passage à vide aussi long. En dehors de quelques découvertes que vous pouvez consulter dans les Aventuriers du Fuzz Perdu, aucun album ne m’avait assez marqué pour écrire une chronique. Peut-être qu’au bout de quatre ans à scruter les sorties et découvrir de nouveaux sons, on a davantage de mal à s’émerveiller ?

Quoiqu’il en soit, cette drôle de période prend fin avec « Voyage au Soleil » du trio new-yorkais Numün. Je vous préviens tout de suite, ici pas de fuzz ni de riffs à faire tomber des mammouths. On est en présence d’un album psychédélique ; le genre de musique qu’on écoute en étant allongé par terre, les yeux en direction du ciel étoilé…


« Voyage au Soleil » de Numün, une merveilleuse odyssée musicale



La navette sonore s’envole en direction de l’immensité de l’espace avec le titre ‘Tranceport’. Une entrée musicale calme, douce et enveloppante qui nous réconforte. C’est presque un rituel qui nous prépare au voyage musical qui nous attend. Puis l’inconnu percute nos tympans avec ‘First Steps’ et ses sonorités perturbantes… mais les claviers qui jouent en arrière-plan nous rassurent. Dans la seconde partie du titre, un banjo résonne avec un écho vraiment magnifique : juste quelques notes, mais jouées de la plus belle des façons. On s’y sent bien à l’écoute, on a envie que ça dure comme ça pendant des heures et des heures…

‘Tranquility Base’ possède dans ses sonorité une forme de nostalgie voire de mélancolie. Avec des extraits de la mission d’Apollo 11, le trio montre de manière explicite que « Voyage au Soleil » se veut comme un hommage au cinquantième anniversaire des premiers pas de l’Homme sur la Lune. L’album a été conçu en ce sens premier, mais je vous avoue que j’ai pas la réponse pourquoi utilisé le mot « soleil » au lieu de « lune »… Quoiqu’il en soit, cette troisième piste est une douce mélodie fleuve qui nous met dans une petite bulle de confort. S’ensuive deux titres – ‘Mission Lost’ et ‘Expanse’ - alternants moments inquiétants avec l’usage du synthé qui émet des sons particuliers, comme ceux d’une alarme incendie dans le module. Le second est davantage porté sur l’ambiance avec une mélodie qui pourrait résonner dans le vide intersidéral tandis que la navette fonce vers une destination inconnue...

« Voyage au Soleil » se conclut avec la piste du même nom. Un titre magnifiquement orchestré du début à la fin dans lequel on retrouve ce drôle de banjo en début d’album. La faculté qu’a le trio a mettre son auditeur dans une sorte d’état second est assez remarquable, une fois le titre terminé on se sent presque empreint d’une certaine sagesse : comme si qu’on avait ouvert les portes d’une autre dimension…


Que faut-il en retenir ?



Je vais être franc : « Voyage au Soleil » ne va intéresser que ceux qui apprécient – à minima – les musiques psychédéliques au sens large. Numün ne fait pas dans le riff mais dans la musique d’ambiance, celle qui se laisse écouter afin de nous happer dans un univers lointain. Alors les amoureux des musiques psychédéliques et des buvards, il est clair que vous allez passer un agréable moment en écoutant « Voyage au Soleil » allongé dans l’herbe, le regard scrutant l'immensité de l'univers… En somme, c’est presque une expérience musicale voire sensorielle. Sans trop savoir pourquoi, cela m’a rappelé le concert de la Monte Young Tribute au Lévitation en 2016 où on était allongé sur le sol : jamais je n’avais autant ressenti de sérénité en moi. « Voyage au Soleil » y arrive aussi, mais d’une toute autre façon. Quel plaisir de plonger dans un véritable voyage musical et spirituel !

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