Parfois on se lance dans des chroniques sans forcément savoir comment prendre le sujet. Ici, le sujet est en l’occurrence le groupe danois Mythic Sunship qui évolue dans un genre que je ne connaissais pas : « l’anaconda rock ». En utilisant un peu son imagination, je pense que l’image de ce serpent gigantesque doit évoquer une certaine fluidité dans la musique, mais aussi des morceaux captivants qui peuvent durer plus d’une dizaine de minutes. Ça tombe bien, parce que c’est exactement ce que fait le groupe : créer de longs morceaux qui vous transportent dans un univers parallèle…

« Upheaval », une odyssée astrale


Le ton est donné dès les premières notes du titre d’ouverture ‘Tectonic Beach’. La guitare et les notes qui reviennent inlassablement annonce l’entrée dans un monde bercé par la présence de planètes et d’étoiles. La musique gagne en puissance petit à petit avant de faire déferler sur l’auditoire un tsunami psychédélique qui va le transporter au cœur du cosmos. C’est écoutant le titre ‘Aether Flux’ qu’on se retrouve au centre de ce dernier. On se sent alors comme enveloppé d’une douceur sonore où les notes qui viennent chatouiller nos tympans. Elles procurent alors l’étrange sensation de planer dans l’univers ; puis vers la fin du morceau, on gagne en intensité musicale avec un son qui se veut nettement plus lourd afin de renforcer l’odyssée spatiale.

Lorsque vient ‘Cosmic Rupture’, on est toujours bercé en enveloppé par la guitare et les effets qui l’accompagnent. Seulement, comme le titre le laisse penser, il va monter en puissance assez rapidement pour atteindre une sorte de dimension parallèle. Les instruments jouent en osmose et nous font littéralement perdre nos sens pour mieux nous faire planer. Mention spéciale aux solos de guitares qui sont jouissifs et qui rajoutent du carburant dans cette odyssée qui nous emmène aux confins de l’espace. Pourtant, on notera que le titre prend fin de façon assez brutale ; comme si que nous arrivions dans un monde théoriquement inexistant, nous faisant passer pour des pionniers du cosmos. Sans doute est-ce-là la marque d’un portail qui nous emmène vers la dernière piste ‘Into Oblivion’. Ce morceau qui clôture l’album se veut comme une conclusion parfaite pour « Upheaval » : Mythic Sunhip nous montre toute l’étendue de son talent dans ce titre en reprenant les structures musicales des titres précédents tout en les sublimant. Ainsi, on garde ce côté hypnotique et envoûtant tout en ajoutant une force musicale dans les dernières minutes qui viendront nous scotcher dans le fond de notre fauteuil… Suite à cela, on constate que le voyage est fini. On retourne à la réalité, et on se retrouve déjà impatient d’être le soir pour écouter de nouveau cet album tout en admirant le ciel étoilé d’une douce soirée de printemps…

Que faut-il en retenir ?


« Upheaval » n’est pas un album qui peut plaire à tout le monde. En revanche, je ne saurais que trop le conseiller aux amateurs de heavy-psych qui aiment se laisser porter par des jams qui sentent bons l’improvisation. Mythic Sunship parvient à nous plonger dans une odyssée cosmique magistralement orchestrée. « Upheaval » est ce genre d’album qui dès les premières secondes parvient à captiver son auditeur ; et ce pour son plus grand bonheur. Bon voyage à vous et n’attachez surtout pas votre ceinture : le cosmos se visite en étant libre de ces mouvements…

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Ce mois de mars est extrêmement riche en sortie et ils nous aient bien difficile de savoir où donner de la tête. Cependant il y a des groupes dont on sait pour sûr que nous allons les chroniquer. Sunnata est l'un d'entre eux. 'Zorya', leur deuxième album, était une magnifique oeuvre d'art où le groupe a combiné un doom fuzzé avec du prog.


'Outlands 'l'enfant interdit du grunge et du métal


Dès l'écoute de ce 'Outlands', on note de suite la direction prise par les polonais : celle d'un hommage au grunge et plus notamment Alice in Chains. Le chanteur de Sunnata, Szymon a bien poussé sur sa voix sur ce 'Outlands', tant et ci bien qu'on a l'impression d'avoir Layne Staley qui aurait fait un futuring avec les polonais.Ce feeling est d'autant plus fort sur les deux premiers morceaux, Lucid et Scars qui sont construits de la même manière. Si Lucid dispose d'une intro plus méditative alors que Scars a une batterie très carrée et puissante, les deux se retrouvent dans ce break en milieu de titre, passant d'une atmosphère grunge à un son plus métal auquel le groupe nous a habitué.

The Ascender et Gordian Knot sont des titres plus classiques. On est dans du métal, plus rentre - dedans. Gordian Knot est particulièrement agressif et fait son petit effet live en réveillant le spectateur de son brouillard. Outlands le titre éponyme est magnifique : un petit accord à la saveur orientale,une batterie tribale, un chant questions / réponses qui évoque 'Dirt' et son atmosphère désabusé. Sunnata plante le décor et pousse le côté hard rock de AIC encore plus loin, les riffs gris et nonchalants se retrouvant remplacer par d'autres plus noirs et brutaux. Cependant le chef d'oeuvre ici s'appelle Hollow Kingdom. Ce titre est un synthèse parfait du talent des polonais et de leur univers musical. Une longueur et lourdeur doom, des chants qui naviguent entre le désespoir et la colère. Les guitaristes sèment des touches prog qui aèrent le titre, créant des moments d’accalmie. 

J'ai pu échanger quelques mots avec le batteur, Robert durant la release party de 'Outlands'. 'On ne voulait pas poursuivre ce qu'on avait propose sur Zorya, on est un groupe en changement constant, on ne se donne aucune limite. Avec le succès de Zorya, on est plus confiant, on a voulu joué du grunge donc on le fait. C'est vrai que chacun apporte ses influences, Szymon par exemple n’écoute que du rock du début des 90's et quasiment aucun groupe de stoner ou de doom. On a voulu faire cette confrontation partie rythmique / riffs, notamment sur Scars où je me suis dis que c’était pas mal d'ajouter un blast beat face au riff. On a travaillé le dernier titre, Hollow Kingdom. On trouvait que Zorya se terminait trop brutalement, donc là on voulait amener l'auditeur petit à petit vers la fin.Je conçois pour définir notre musique c'est compliqué, j'aime bien ce que j'ai lu qui disait 'ils ont crées leur monde propre' et c'est vrai. Mais sinon tu peux dire que 'Outlands' c'est Alice in Chains qui rencontre YOB'.

Que faut-il en retenir ?

Sunnata était surgit de nulle part avec 'Zorya' qui était une des plus belles découvertes de 2016. Et là on pensait que le groupe allait capitaliser sur leur succès, voici qu'il prend ses fans à contre-pied avec un album hommage au rock du début des 90's. Un succès tant que le groupe ne se contente pas d'une réédite mais incorpore ce son avec le leur  pour un résultat ébouriffant d'authenticité. 'Outlands' sera pour sûr dans de nombreuses listes de fin d'année ! 

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Une petite chronique au calme pour le Child nouveau. Nous avons une histoire spéciale avec ce groupe un soir d’été au Red Smoke Festival après un show possédé de la part du trio australien.
Les gars nous avaient avertis qu'ils allaient prepares quelquechose pour 2018. Voici donc ce quelque chose qui s'est précisé avec leur premier EP sobrement intitule I.

"I" a qu'un seul défaut, celui d'être un EP 


Un accord hendrixien qui vient câliner l'oreille de l'auditeur et 'Age Has Left Me Behind' démarre. Mathias Northway pousse même la ressemblance en ayant un timbre de voix qui n'est pas sans rappellé celui de Jimmy. Child est bien de retour avec leur blues dopé au fuzz qui tâche encore plus que sur leur dernier galette. 
'The Other Song' est une reprise du groupe 70's Spirit. A l'opposé du titre original, cette cover est beaucoup plus calme. Les 3 compères ont accentués le côté bluesy du titre a la place du groove psyché du titre original et parsème ci et là des éclairs de génie, notamment un solo épique à souhait. Michael Lowe, aux commandes de sa batterie,a un petit côté plus jazzy, plus claire qui n'est pas sans rappeler celui de Tony Williams
'Going Down Swinging' est un tourbillon psyché qui sent bon le flower power. La pédale wah wah résonne de partout, la basse de Danny Smith ronfle comme jamais bref on a l'impression d’assister au résultat d'une session de jam dantesque. On en reveut encore mais cet EP se coupe bien trop vite avec ces 3 titres.

Que faut-il en retenir ?


Au fur du temps qui passe le combo de Melbourne ne cesse de s’améliorer et I en est la preuve. Child devient l'un des porte étendards de cette scène blues rock australienne qui s'exporte si bien. On ne leur souhaite que de poursuivre l'aventure et si possible de sortir un LP pour la prochaine fois.

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Mudweiser est un groupe de stoner rock originaire de Montpellier qui balance, en ce début d’année, son troisième album qui s’intitule « So Said the Snake ». Le groupe compte parmi ses membres Reuno, le chanteur de Lofofora, qui pour le coup, évolue dans un tout autre registre qu’on peut lui connaitre. Musicalement parlant, le groupe n’y va pas par quatre chemins et propose du stoner rock bien gras qui devrait trouver ses amateurs !

« So Said the Snake », un savoureux mélange de stoner et de southern rock


Pour ce troisième album, les sudistes de Mudweiser ont décidé d’enfoncer les portes en proposant un album fleuve. Comprenez le genre de galette qui ne s’écoute pas par bribes de morceaux mais bien d’une seule traite. On se laisse prendre un uppercut par la puissance des riffs de morceaux tels que ‘Fairy Tale’ ou encore ‘7am Zombie’ tandis que des titres comme ‘Useless Prick’, un brin plus calmes, viendront panser les blessures des riffs que vous vous êtes pris dans la figure !

C’est justement toute la force de « So Said the Snake » : proposer une alternance entre morceaux qui vous feraient sauter tous vos points de permis en quelques minutes et des titres qui vous donnent envie de prendre le temps et de savourer la balade (allez écouter ‘The Story of Joe Buck’ et vous comprendrez de quoi je veux parler). Et puis il y a ce côté southern rock qui est aussi propre à cet album. Je ne sais comment le décrire, mais c’est le rassemblement de plusieurs éléments à commencer par la présence de quelques notes de banjo ou bien des accords de guitares empreints de mélancolie…

Que faut-il en retenir ?


Mudweiser revient en grande forme avec « So Said the Snake » ; l’album se veut une parfaite synthèse entre stoner rock à grands coups de riffs qui balaient tout sur leurs passages et le southern rock en déployant une identité musicale qui lui est propre. Que ce soit la voix, les guitares ou bien la batterie ; tout ce petit monde trouve pour racine une certaine idée d’une Amérique à la fois violente et humaine : celle où le rêve américain se termine sur les marches de sa caravane au beau milieu du désert…

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BESVÄRJELSEN. Sous son apparence d’un mot sorti d’un bouquin de Lovecraft pour vous faire gagner au Scrabble, se cache un groupe suédois qui sort son premier LP sobrement intitule Vallmo. Qu’y a-t-il de spécial ? Eh ben ce petit nouveau comporte des vétérans de la scène stoner suédoise, en la personne d’Erik Bäckwall et Johan Rockner, rien de moins que la partie rythmique des mythiques Dozer. C’est bon j’ai aiguise votre curiosite ? Alors on peut y aller.

Vallmo, un premier LP dopé au Dark Fuzz

Dès l’écoute du premier titre 'Mara', on prend conscience que l’on ne sera pas dans une redite du groupe de Borläng. L’ambiance est lourde et sombre, le son caverneux. Un terrain désolé sur lequel se déploie le chant de Lea Amling Alazam. Cette atmosphère se poursuit sur 'Return to No Return'. Si l’instru peut faire penser au doom occulte, la voix de Lea ou les paroles ne renvoie pas à Satan ou un autre culte mais plutôt à un désespoir ou une certaine noirceur. Les guitares lourdes et angoissantes sont contrebalancées  par un clavier qui essaie d’apporter quelques lumières dans ce titre. Ce mélange de style et d’influence rappelle un peu Kylesa période Spiral Shadows. D’abord par la voix de Léa et semblable à celle de Laura Pleasants, puis comme eux ont le cul entre deux chaises (voir plus). On n’est pas vraiment dans du stoner car il y a une énergie punk qui se dégage, pas vraiment du punk non plus car les titres sont long et assez lascif. Si quelques accords peuvent renvoyer au métal et plus particulièrement au doom, ils sont alternés assez souvent par d’autres plus léger et ne durent jamais bien longtemps pour mettre un pied pleinement dans ce genre. J’appellerai cela du dark fuzz tellement cette atmosphère poissarde et étouffante se dégage des riffs et de ce chant et te colle à la peau.

'Roda Rummet' est le premier titre en suédois car oui le groupe a décidé dans leur langue natale. Un choix qui peut être déroutant tant la langue suédoise a ses aspérités. Premier titre avec voix masculine sur le refrain.  On garde cette dualité que le groupe a montrée dans les morceaux précédents, à savoir une atmosphère lourde et macabre dégagé par les ex Dozer qui ont vraiment basculé du côté obscur et de l’autre la lead guitare et le clavier qui essaie de percer ces nuages sombres. C’est le même schéma qui émerge  sur le très énergique 'I Skukkan Av Ditt Morker' ou encore 'Falsarium' et son riff oriental.  Le summum étant atteint avec le titre final 'Alone'. Le titre dépeint une atmosphère sombre voir gothique, dans lequel la chanteuse arrive à placer quelques chants cristallins au lieu de l’écorchée habituel. Le titre se clôt sur un riff lugubre et un beat très blackeux d’Erik. Deux autres titres sortent du lot mais pas pour la même raison. Le moins bon avec 'Oken' où on a l’impression que Léa a été lâchée par ses musiciens et porte le morceau à elle toute seule. Le meilleur et original 'Under Svart Himmel', où l’on quitte un peu le noir pour aller tâter la palette de gris. Le riff a un petit cote 70’s avec les deux guitaristes, Staffan Winroth et Andreas Baier aux manettes, Léa ne se montrant que sur refrain.

Que faut-il en retenir ?

Vallmo est un tour de force.Respect pour les anciens de Dozer qui au lieu de faire une redite stoner, montre un côté plus opaque de leur talent. Mention spéciale à Léa Amling Alazam qui donne ce côté original au son de BESVÄRJELSEN, que cela soit via le timbre de sa voix ou l’audace d’avoir choisi des textes en suédois. Une des pierres de 2018 pour qui le fuzz n’est pas qu’un trip sous acide.

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